Ukraine : le pays est « au bord du gouffre », avertit un haut responsable de l'ONU

14 avril 2014 – Lors d'une réunion dimanche soir au Conseil de sécurité sur la situation tendue dans l'est de l'Ukraine, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques, Oscar Fernandez-Taranco, a regretté que depuis le dernier rapport du Secrétaire général le 28 mars, la situation en Ukraine se soit considérablement détériorée.

« Nous assistons aujourd'hui à la dixième réunion du Conseil sur cette question, alors que l'Assemblée générale s'est aussi saisie de la question le 27 mars », a indiqué M. Fernandez-Taranco lors d'un exposé devant les membres du Conseil de sécurité réunis en urgence.

Après deux semaines de calme relatif, depuis le 6 avril, des individus armés et des groupes séparatistes ont commencé à occuper des bâtiments publics et ont pris les armes dans la région de Donetsk en Ukraine, y compris dans les villes de Donetsk, Lugansk et Kharkiv.

« Des individus ont appelé à la sécession et au rattachement à la Fédération de Russie. A Donetsk, certains individus ont proclamé la République populaire de Donetsk », a expliqué le Sous-Secrétaire général, en ajoutant que cinq nouvelles villes sont visées par des soulèvements et l'occupation des bâtiments gouvernementaux.

Les observateurs de l'ONU ont signalé des barricades et des civils armés des deux côtés ainsi que la présence de milices lourdement armés. A la veille du 13 avril, les autorités de Kiev ont lancé une opération « anti-terroriste » pour récupérer Slavyansk, mais un jour après, elles ont été surpassées par les activistes pro-séparatistes. Les observateurs des Nations Unies ont noté que ces derniers étaient bien armés et organisés.

« Une double manifestation aujourd'hui à Kharkiv a causé 50 blessés. Hier, un officier a été tué mais le nombre total des pertes n'est pas encore connu. Aujourd'hui, le Président en exercice de l'Ukraine a signé un décret accordant aux séparatistes un délai jusqu'à 6 heures du matin pour déposer les armes au risque de voir une opération de grande envergure », a indiqué M. Fernandez-Taranco.

« Mais la Fédération de Russie a déclaré qu'elle serait contrainte d'agir si Kiev employait la force. La situation est plus dangereuse que jamais auparavant et le Secrétaire général appelle à la plus grande retenue et au respect du droit international. Il appelle aussi ceux qui ont une influence sur les parties à œuvrer au retour au calme. Il appelle à un dialogue entre les parties et entre Kiev et Moscou », a-t-il ajouté.

M. Fernandez-Taranco a souligné qu'il devient évident que la crise va continuer à s'approfondir si des efforts intenses ne sont pas déployés urgemment.

« L'Ukraine est au bord du gouffre mais elle ne sera pas la seule à souffrir. La Fédération de Russie qui partage une longue frontière avec elle risque un débordement avec des conséquences graves. Il faut aussi craindre des répercussions pour l'ensemble de la communauté internationale », a-t-il prévenu.

De son côté, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a parlé au téléphone lundi matin avec le Président par intérim ukrainien, Okeksandr Turchynov, pour réitérer son appel à la retenue et à un dialogue direct et constructif entre Kiev et Moscou, a indiqué son porte-parole.

« Lors de la conversation téléphonique, il a exprimé sa grande préoccupation concernant les troubles actuels et notamment les informations faisant état de civils recevant des armes et de groupes armés étant actifs des deux côtés », a ajouté le porte-parole lors d’un point de presse à New York. Le Secrétaire général a noté « que les autorités ukrainiennes avaient exercé de la retenue et il a dit qu’il souhaitait que cela continue pour entraîner une désescalade de la situation et trouver une solution pacifique. »

Ban Ki-moon devait aussi discuter au téléphone avec les autorités russes plus tard dans la journée, a indiqué son porte-parole.


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