Centrafrique : il faut des renforts tout de suite, selon Ban Ki-moon

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à droite) avec le Président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, à Bruxelles. Photo ONU/Evan Schneider

2 avril 2014 – A l'occasion d'une réunion de haut niveau sur la République centrafricaine organisée mercredi à Bruxelles, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a réclamé des renforts immédiats pour aider les soldats de la Mission internationale de soutien sous conduite africaine (MISCA) et de l'opération française Sangaris qui sont déjà sur place.

« Je félicite la MISCA et l'opération Sangaris de ce qu'elles font pour rétablir la paix et la sécurité. Mais elles manquent de ressources et sont débordées. Il leur faut des renforts, et tout de suite », a déclaré M. Ban dans un discours lors de cette réunion.

Le Secrétaire général a rappelé que les assassinats, les attaques ciblées et les violations des droits de l'homme se poursuivaient dans une impunité totale. « Le génocide a été évité en grande part parce que les minorités ont fui en masse vers des zones où elles se sentaient en sécurité, entourées de leur peuple », a-t-il noté.

M. Ban a estimé que le gouvernement de transition avait aussi besoin d'aide pour remettre au travail les policiers, les juges, le personnel pénitentiaire. « La Chef de l'Etat de la transition, la Présidente Catherine Samba-Panza, est déterminée à rétablir l'autorité de l'Etat. Mais sans budget, elle ne peut pas faire grand-chose. Les fonds disponibles pour l'aide humanitaire sont eux aussi en deçà des montants nécessaires et des contributions annoncées, puisque seules 20% des ressources ont été reçues », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a estimé que les dirigeants locaux et les chefs religieux avaient un rôle important à jouer dans le processus politique. Selon lui, il faut aussi que les Centrafricains voient que « tous ceux qui ont commis des exactions doivent répondre de leurs actes, sans exception. »

« En République centrafricaine, nous n'avons pas été à la hauteur de nos promesses, nous n'avons pas évité l'évitable. Maintenant, nous devons aider le pays à aller de l'avant et à se reconstruire. Aujourd'hui, même avec un appui modeste, nous pouvons inverser la tendance », a-t-il conclu.

Alors qu’il était à Bruxelles, le Secrétaire général a également participé mercredi à un Sommet Union européenne-Afrique.

"Plus que jamais, les défis auxquels nous sommes confrontés dépassent les frontières des pays, voire des continents", a dit M. Ban dans un discours à ce sommet. "Nous avons enregistré de grands progrès et des résultats concrets, obtenus grâce aux partenariats de l’ONU avec l’Union européenne et l’Union africaine. Des millions de personnes sont en meilleure santé, vivent dans un environnement plus sûr et connaissent davantage de prospérité. Cela étant, celles qui demeurent dans le besoin ou sont laissées pour compte sont encore trop nombreuses."

Le Secrétaire général a appelé les dirigeants européens et africains à concentrer leurs efforts sur l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes, sur les jeunes, la sécurité alimentaire et le changement climatique.


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