Centrafrique : face au regain de violence, l'ONU réclame davantage de soldats de la paix

Les affrontements intercommunautaires en République centrafricaine ont entraîné le déplacement de dizaines de milliers de gens. Photo OCHA/D. Schreiber

1 avril 2014 – Alors que le regain de violences intercommunautaires en République centrafricaine a provoqué de nouveaux déplacements, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a réclamé mardi le déploiement de soldats de la paix supplémentaires.

« Nous sommes préoccupés par la détérioration de la situation de la sécurité à Bangui », a dit une porte-parole du HCDH, Cécile Pouilly, lors d'un point de presse à Genève. « Nous demandons une fois de plus aux États de soutenir l'appel urgent du Secrétaire général pour des milliers de soldats de la paix et de policiers supplémentaires ».

Une série d'affrontements entre des anti-Balaka, les milices chrétiennes, et des musulmans ont eu lieu dans différents quartiers de la capitale la semaine dernière, causant la mort de plusieurs dizaines de personnes. Une recrudescence des affrontements entre des éléments anti-Balaka et des troupes de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) ont également été signalés, des anti- Balaka ayant visé directement des employés civils et militaires de la Mission à plusieurs reprises, a précisé la porte-parole.

Alors qu’il se trouvait mardi à Bruxelles, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a réitéré sa préoccupation concernant la situation en République centrafricaine et les « répercussions des combats et des atrocités sur les civils."

"L’Organisation des Nations Unies fera tout son possible pour mobiliser efficacement la communauté internationale. Parallèlement, nous comptons sur le peuple de la République centrafricaine pour construire, dans un esprit d’unité, un nouvel avenir », a dit Ban Ki-moon, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, à l’issue d’une rencontre avec le Président du Conseil européen.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est également déclaré mardi inquiet de la nouvelle vague de violence qui s'est abattue sur Bangui cette semaine.

« Depuis les attaques dans la capitale en début de cette semaine, le nombre des personnes déplacées internes en République centrafricaine a augmenté et comprend désormais 637.000 individus, y compris 207.000 à Bangui. Ce chiffre représente une hausse d'environ 16.000 personnes », a dit une porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba, à Genève.

Les forces anti-balaka contrôlent les principales routes depuis et vers Bangui ainsi que beaucoup de villes et villages dans le sud-ouest du pays.

« Les anti-balaka menacent tout particulièrement les musulmans dans le quartier PK12 de Bangui, à Boda, Carnot et Berberati, dans l'ouest de Bangui et dans la ville de Bossangoa, plus au nord. Nous craignons pour la vie de 19.000 musulmans dans ces localités. Le HCR est prêt à aider à leur évacuation vers des zones plus sûres à l'intérieur ou à l'extérieur du pays », a dit Mme Lejeune-Kaba.

Le HCR et ses partenaires s'apprêtent à envoyer du personnel vers cette zone cette semaine pour établir une présence humanitaire et livrer de l'aide aux personnes menacées à Boda et Carnot. Parallèlement, le HCR étudie la possibilité de leur réinstallation à Kabo et Moyen Sido dans le nord du pays, a-t-elle précisé.

Selon la porte-parole, la ville de Bemal, également au nord, a été identifiée pour y transférer des communautés menacées. Une mission conjointe du HCR et du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) devait s'y rendre mardi pour discuter avec des jeunes de la région qui s'inquiètent de leur sécurité, en cas de transfert.

Parallèlement, les réfugiés, pour la plupart des musulmans, continuent d'affluer dans les pays voisins de la République centrafricaine. Ces trois derniers mois, plus de 82.000 Centrafricains ont trouvé refuge au Cameroun, en République démocratique du Congo, au Congo et au Tchad.


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