Première comparution de l'Ivoirien Charles Blé Goudé devant la CPI

Le siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Photo CPI/Max Koot

27 mars 2014 – L'Ivoirien Charles Blé Goudé, qui est accusé de crimes contre l'humanité perpétrés en Côte d'Ivoire en 2010 et 2011, a comparu jeudi pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, aux Pays-Bas.

L'audience de première comparution devant la juge Silvia Fernandez de Gurmendi a eu lieu en présence de l'Accusation et de la Défense. Au cours de l'audience, la juge a vérifié l'identité du suspect et s'est assuré qu'il a été informé des crimes qui lui sont reprochés et des droits que lui reconnaît le Statut de Rome. La juge a fixé le début de l'audience de confirmation des charges au 18 août 2014, a indiqué la CPI dans un communiqué de presse.

Une audience de confirmation des charges sert à déterminer s'il y a des motifs substantiels de croire que le suspect a commis ces crimes. Si la Chambre préliminaire décide de confirmer les charges, elle renverra l'affaire devant une Chambre de première instance, laquelle sera chargée de conduire la phase suivante de la procédure, à savoir le procès lui-même.

Charles Blé Goudé été remis le 22 mars à la CPI par les autorités de la Côte d'Ivoire en exécution d'un mandat d'arrêt délivré par les juges de la CPI le 21 décembre 2011 et rendu public le 30 septembre 2013.

Charles Blé Goudé, 42 ans, aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l'humanité (meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains) qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.

De son côté, l'Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire, Doudou Diène, s'est dit jeudi préoccupé par les questions non réglées dans le cadre du processus de réconciliation nationale alors que les élections présidentielles sont prévues en 2015.

Selon M. Diène, une justice impartiale est cruciale pour le pays qui continue de se remettre des violences intervenues lors du scrutin de 2010.

« Le processus de réconciliation est lié à la question clé de la justice et plus précisément à la question de l'impartialité et de l'équité de la justice », a dit l'expert lors de la présentation de son dernier rapport devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies. M. Diène a aussi appelé à une réforme de l'organe électoral national avant les élections de 2015.


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