Centrafrique : une experte de l'ONU appelle à une action plus robuste de la communauté internationale

Une femme et son enfant dans le village de Bessan dans le nord-ouest de la République centrafricaine, après une attaque des anti-balaka. Photo: Nicholas Long/IRIN

17 mars 2014 – L'Experte indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en République Centrafricaine, Marie-Thérèse Keita Bocoum, a appelé lundi à une action plus robuste de la communauté internationale en République Centrafricaine pour venir en aide aux populations civiles.

« La population centrafricaine est la seule et unique victime des violences commises par des groupes armés, milices armés et des bandits. L'impunité semble s'établir comme la règle et la lutte contre l'impunité l'exception en RCA où la plupart des infrastructures du système judiciaire sont détruites. Le pays a un manque criard d'infrastructures judiciaires et de magistrats tant à Bangui qu'à l'intérieur du pays pour juger les affaires et contribuer ainsi à la lutte contre l'impunité », a déclaré Mme Keita Bocoum dans un communiqué de presse.

« J'en appelle donc à la communauté internationale de mettre tout en œuvre pour le déploiement d'une mission de paix capable de ramener et d'assurer la paix sur toute l'étendue du territoire national », a-t-elle ajouté.

L'Experte Indépendante sur la situation des droits de l'homme en République Centrafricaine vient de finaliser sa première mission de 10 jours dans ce pays. Cette visite au cours de laquelle elle a pu rencontrer le chef d'Etat de la transition, Catherine Samba-Panza, lui a permis d'entreprendre une évaluation de la situation sur le terrain.

Mme Bocoum a affirmé que la mission lui a permis de s'imprégner des réalités politiques, sécuritaires, sociales et culturelles qui ont pu exposer et continuent d'exposer les populations à la violence, a des violations de leurs droits fondamentaux et aux déplacements forcés.

« La justice, qui ne fonctionne qu'à Bangui, opère au ralenti et ne saurait tenir ses audiences pour juger des anti-Balaka sans en être empêchée par les partisans de ce groupe armé », a affirmé l'experte indépendante de l'ONU.

« On peut dès lors constater que l'insécurité et la violence que sèment les groupes armés en RCA constitue un frein aux efforts consentis par les nouvelles autorités dans la lutte contre l'impunité », a-t-elle dit. « Il s'ensuit donc que tant que la peur demeure chez les magistrats, ils ne pourront tenir d'audiences ».

« Mon message à tous ceux et à toutes celles qui, de près ou de loin sacrifient la jeunesse en les poussant ou en les supportant à commettre de telles violations, est de savoir que la communauté internationale ne peut tolérer de tels actes car aucune violation des droits de l'homme ne restera impunie »

Il est aussi important de mettre plus de moyens à la disposition de BINUCA et la MISCA en général et à celle de la section des droits de l'homme et justice de BINUCA en particulier, pour leur permettre d'accompagner le Gouvernement dans son plan d'action nationale et dans le suivi des recommandations des organes de traités du Conseil des Droits de l'Homme. D'un autre côté, il est une nécessité d'accentuer l'assistance technique au système judiciaire à la police et la gendarmerie afin de leur permettre de lutter efficacement contre l'impunité.

« Accentuer l'assistance au programme de soutien psychothérapeutique, aux programmes de réconciliation communautaire et à tous les secteurs de l'administration serait fondamental », a déclaré l'experte.


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