Syrie : une génération entière d'enfants sacrifiée après trois ans de guerre, selon l'ONU

Un garçon syrien réfugié à Arsal au Liban. Photo: UNHCR/M.Hofer

13 mars 2014 – Après trois années consécutives de conflit en Syrie, le pays est devenu l'un des endroits au monde les plus dangereux pour les enfants, a prévenu jeudi la Représentante spéciale du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui.

« J'ai visité la Syrie deux fois depuis le début du conflit », a rappelé Mme Zerrougui dans un communiqué de presse. « J'ai rencontré des jeunes garçons qui avaient été encouragés à participer aux combats et d'autres qui pensaient que c'était leur devoir de prendre les armes »

« Partout où j'allais, les parents avaient la même requête : aidez-nous à faire en sorte que nos enfants retournent à l'école. Trois millions d'enfants syriens sont privés d'éducation, et ce depuis trois ans pour nombre entre eux », a-t-elle ajouté.

Le conflit en Syrie a forcé neuf millions de personnes à quitter leur foyer pour fuir la violence. La plupart sont déplacés dans leur pays, mais environ deux millions et demi de Syriens sont réfugiés dans les pays voisins, dont la moitié des enfants. Le nombre d'enfants affectés par le conflit a plus que doublé au cours de l'année passée.

« Dans des hôpitaux en dehors de la Syrie, j'ai rencontré des enfants qui avaient été blessés par balle ou par des éclats d'obus. Leurs parents disaient qu'ils avaient de la chance d'avoir pu sortir du pays, puisque les services de santé, même les plus basiques, sont pratiquement inaccessibles en Syrie », a expliqué Mme Zerrougui.

La Représentante spéciale a salué les gouvernements des pays de la région pour avoir maintenu leurs frontières ouvertes pour permettre à des centaines de milliers de réfugiés syriens d'accéder à leur territoire même s'ils ont du mal à fournir l'assistance adéquate à ces personnes.

Lors de sa première visite en Syrie en décembre 2012, Mme Zerrougui avait appelé à l'établissement d'un mécanisme de surveillance et de suivi de la situation des enfants. Si les auteurs de violations des droits de l'homme doivent être tenus pour responsables, il est nécessaire de rassembler les preuves des crimes commis, notamment contre les enfants. Le gouvernement syrien a promis de renforcer la lutte contre les violations des droits des enfants. Les groupes d'opposition de l'Armée syrienne libre et du Conseil national syrien se sont engagés à mettre fin au recrutement d'enfants soldats.

« C'est un pas en avant, mais nous avons besoin de beaucoup plus. Trois ans après le début de la guerre, la crise continue de s'aggraver et nous risquons de perdre toute une génération d'enfants. Les enfants syriens ont besoin de la fin de ce conflit désastreux », a souligné Mme Zerrougui.


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