Trois ans de conflit en Syrie : Ban appelle à relancer les négociations de paix

Plus d’un million d’enfants syriens sont réfugiés et vivent dans des camps comme ce garçon dans le camp de Kawergosk, à l’ouest d’Erbil, en Iraq. Photo UNICEF/Romenzi

12 mars 2014 – Alors que le conflit en Syrie entre dans sa quatrième année, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a exhorté mercredi le gouvernement syrien et l'opposition à mettre fin à cette tragédie qui affecte des millions de Syriens.

Rappelant qu'il y a trois ans, le peuple syrien s'est levé en signe de protestation pacifique pour revendiquer ses droits et libertés universels, le Secrétaire général « regrette profondément l'incapacité de la communauté internationale, de la région et des Syriens eux-mêmes à arrêter ce conflit épouvantable », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

Selon lui, la Syrie est aujourd'hui la plus grande crise auquel le monde est confronté et les pays voisins de la Syrie en supportent de plus en plus les conséquences humanitaires, politiques et socio-économiques.

« Le Secrétaire général appelle la région et la communauté internationale et en particulier la Fédération de Russie et les Etats-Unis, en tant qu'Etats ayant initié la Conférence de Genève sur la Syrie, à prendre des mesures claires pour relancer le processus de Genève », a dit le porte-parole.

« Le Secrétaire général exhorte le gouvernement syrien et l'opposition à exercer responsabilité, leadership, vision et flexibilité pour relever ce défi. En travaillant avec le Représentant spécial conjoint Lakhdar Brahimi, les parties prenantes syriennes et les acteurs régionaux et internationaux doivent agir maintenant pour mettre fin à cette tragédie en Syrie », a-t-il ajouté.

Deux sessions de pourparlers de paix entre le gouvernement syrien et l'opposition ont eu lieu à Genève en janvier et février, sous la houlette de Lakhdar Brahimi. La deuxième session s'est terminée mi-février sans qu'une date pour une nouvelle session de pourparlers soit fixée.

Dans un autre communiqué publié conjointement avec la Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, et le Représentant spécial conjoint, Lakhdar Brahimi, le Secrétaire général a également appelé à mettre fin à la destruction du patrimoine culturel syrien.

Le communiqué conjoint note que les sites du patrimoine mondial ont été gravement, parfois irrémédiablement, endommagés. Quatre sont utilisés à des fins militaires ou ont été transformés en champs de bataille : Palmyre, le Crac des Chevaliers, l’église de Saint Siméon dans les villages antiques du nord de la Syrie, et la ville d’Alep (dont la citadelle). Les sites archéologiques font l’objet d’un pillage systématique et le trafic de biens culturels a atteint des proportions sans précédent.

« Selon certaines informations alarmantes, le patrimoine syrien est délibérément pris pour cible pour des raisons idéologiques. Les œuvres d’art représentant des êtres humains sont détruites par des groupes extrémistes déterminés à faire disparaître ces traces uniques de la riche diversité culturelle de la Syrie », souligne le communiqué.

« La destruction d’un patrimoine aussi précieux porte gravement atteinte à l’identité et à l’histoire du peuple syrien et de l’humanité toute entière et sape pour longtemps les fondements de la société », ajoute-t-il.

Ban Ki-moon, Irina Bokova et Lakhdar Brahimi appellent toutes les parties « à mettre immédiatement fin à la destruction du patrimoine syrien », condamnent « l’utilisation des sites culturels à des fins militaires » et appellent « tous les pays et tous les groupements professionnels intervenant dans les domaines des douanes, du commerce et du marché de l’art, mais aussi les particuliers et les touristes, à se méfier des objets d’art syriens, qui sont susceptibles d’avoir été volés. »


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