Femmes en politique : ONU-Femmes et l'UIP saluent des avancées qui demeurent modestes

Des femmes participant à une campagne avant des élections locales dans l’Etat indien du Bihar. Photo ONU-Femmes/Ashutosh Negi

11 mars 2014 – La participation des femmes à la vie politique continue à progresser dans le monde entier, mais des « plafonds de verre » restent néanmoins bien présents pour les femmes aux plus hauts niveaux, selon l'édition 2014 de la Carte des femmes en politique, publiée mardi par ONU- Femmes et l'Union interparlementaire (UIP).

La carte, qui présente les dernières données en date sur les femmes au sein des exécutifs, autrement dit les gouvernements et les parlements, fait apparaître des tendances régionales analogues dans les deux branches du pouvoir, les Amériques, l'Europe et l'Afrique devançant les pays arabes, l'Asie et la région du Pacifique.

« Chaque élection est une occasion importante de faire progresser la participation des femmes parmi les électeurs et les candidats », a déclaré le Directeur exécutif adjoint d'ONU-Femmes, John Hendra, dans un communiqué de presse. « Cette carte montre l'importance d'avoir des données, de pouvoir mesurer et suivre la participation des femmes à la vie politique dans le temps. C'est un outil très utile pour évaluer les progrès et garantir la reddition de comptes. »

La proportion de femmes à des postes ministériels s'établit désormais à 17,2%, contre 16,1% en 2008.Au 1er janvier 2014, 36 pays comptaient 30% de femmes ou plus parmi leurs ministres, un bond par rapport à 2012 où elles n'étaient que 26%. Avec 14 femmes à des postes ministériels, le Nicaragua vient en tête du classement mondial, suivi de la Suède, de la Finlande, de la France, du Cap-Vert et de la Norvège.

Si l'on fait abstraction des pays nordiques, les continents américain et africain sont ceux qui comptent le plus de femmes ministres, quoique les chiffres de l'Afrique soient toujours au même niveau qu'en 2010, à 20,4%. Cela étant, les pays arabes, l'Europe et le Pacifique ont eux aussi enregistré une certaine progression.

L'engagement politique et la mise en place de stratégies sont des préalables indispensables pour faire avancer la représentation des femmes en politique. L'Albanie et la France en sont de bons exemples. En 2012, l'Albanie était au 84ème rang du classement mondial concernant la proportion de femmes ministres. Elle occupe aujourd'hui la 27ème position, avec 30% de femmes parmi ses ministres, suite à la décision du nouveau Premier ministre Edi Rama, de donner davantage de responsabilités aux femmes et aux jeunes.

Les données concernant les femmes en politique permettent aussi de faire la lumière sur les avancées des femmes dans les parlements. Les données recueillies par l'UIP montrent en effet que le pourcentage de femmes dans les parlements a atteint un record, avec 21,8% à l'échelon mondial et des chiffres qui progressent d'année en année. On notera également que 46 pays comptent plus de 30% de femmes dans au moins une chambre parlementaire, contre 42 en janvier 2013. Cette tendance semble être un bon présage pour l'avenir des femmes en politique.

« Les femmes sont maintenant plus nombreuses en politique et elles pèsent davantage sur l'agenda politique à des niveaux élevés. C'est indéniable. Mais pas au niveau le plus élevé », a indiqué le Secrétaire général de l'UIP, Anders Johnsson. « Certaines dirigeantes ont réussi à crever le plafond de verre dont les femmes étaient prisonnières, grâce à leur vision personnelle et leur volonté politique. Elles ont prouvé l'importance capitale du leadership politique pour amener le changement. Il nous faut maintenant davantage de dirigeantes qui fassent preuve du même courage politique. »

La Carte des femmes publiée par l'UIP et ONU-Femmes fait apparaître une autre évolution positive, à savoir que si les portefeuilles « de seconde importance » habituellement confiés aux femmes, tels que les affaires sociales, l'éducation et les affaires féminines continuent à représenter la majeure partie des ministères occupés par des femmes, davantage de femmes détiennent à présent certains des portefeuilles ministériels essentiels, tels que la défense, les affaires étrangères ou l'environnement.

Inversement, le nombre de femmes chefs d'Etat ou de gouvernement et le nombre de présidentes de parlement marque une stagnation, voire un léger recul. Depuis 2012, le nombre de femmes chefs d'Etat ou de gouvernement a en effet reculé, passant de 19 à 18.

Le continent américain est la région qui compte le plus grand nombre de femmes au plus haut niveau de l'échelle politique, avec six femmes chefs d'Etat ou de gouvernement, tandis que le Pacifique est la seule région à ne pas avoir la moindre femme à ces postes.

De son côté, le pourcentage de présidentes de parlement a à peine augmenté, passant de 14,2% en 2012, à 14,8% en 2013. En comparaison, le pourcentage de vice-présidentes de parlement est nettement plus élevé, avec 26,5%, ce qui porte à croire que c'est là que se situe souvent le plafond de verre pour les femmes parlementaires.


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