Un expert de l'ONU exhorte le Cambodge à garantir la liberté d'expression et le droit de réunion

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, Surya P. Subedi. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

6 mars 2014 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Cambodge, Surya P. Subedi, a salué jeudi la conclusion d'un accord entre les deux principaux partis politiques représentés au Parlement de ce pays pour lancer un processus de réformes électorales ainsi que la levée de l'interdiction contre les manifestations en vigueur depuis janvier.

« Je salue les accords conclus aujourd'hui par le Comité conjoint composé de membres du Parti populaire du Cambodge et par le Parti du salut national du Cambodge pour avancer dans le dossier de deux mesures concrètes pour la réforme électorale, dont la révision du système d'enregistrement des électeurs et la proposition de loi sur le financement des partis politiques. Je suis prudemment optimiste que les sujets en suspens pourront bientôt être résolus entre les deux parties », a déclaré M. Subedi dans un communiqué de presse.

L'expert indépendant de l'ONU a souligné que les questions qui doivent être traitées relèvent d'une grande importance pour l'ensemble des citoyens cambodgiens, puisqu'il s'agit de leur droit fondamental à s'exprimer, par des manifestations, des marches ou autres moyens pacifiques.

« À cet égard, je salue la levée de l'interdiction de manifester qui a été en vigueur depuis le 5 janvier 2014 », a affirmé M. Subedi. « Depuis ce jour, j'ai exhorté à plusieurs reprises le gouvernement à supprimer l'interdiction, qui selon moi constitue une violation des obligations du Cambodge conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Constitution cambodgienne ».

« Je suis préoccupé concernant le fait que certaines manifestations continuent à être empêchées et que des personnes sont arrêtées pour avoir distribué des tracts ou pour appeler les travailleurs à faire grève. J'appelle à la levée totale de l'interdiction et au respect du droit de rassemblement et à la liberté d'expression », a-t-il ajouté.

La pratique de placer les manifestants en détention de façon arbitraire et jusqu'à ce qu'ils signent un document où ils s'engagent à ne plus participer à des manifestations constitue une violation des normes internationales des droits de l'homme et doit cesser immédiatement selon le Rapporteur spécial, qui a rappelé que l'État est toujours responsable de la sécurité des citoyens, y compris lors de manifestations.

« À la veille du Forum public sur le salaire minimum qui sera organisé par plusieurs syndicats et associations le 8 mars, je réitère mon appel aux autorités cambodgiennes à respecter l'état de droit et à garantir le droit aux rassemblements pacifiques et la liberté d'expression », a indiqué M. Subedi.


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