Syrie : l'ONU réclame de nouveau un accès humanitaire sans entraves

Une famille de réfugiés syriens en Turquie. Photo: HCR

25 février 2014 – A l'occasion d'une réunion informelle de l'Assemblée générale des Nations Unies sur la situation humanitaire en Syrie, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a une nouvelle fois réclamé un accès humanitaire sans entraves alors que les souffrances subies par les civils augmentent de jour en jour.

« J'appelle le gouvernement et toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations conformément au droit humanitaire international et aux droits de l'homme », a dit M. Ban dans un discours lors de cette réunion. « Refuser l'accès aux gens ayant un besoin urgent de nourriture, d'eau et de fournitures médicales est un déni de leurs droits à la vie et à la dignité humaine. Et pourtant, nous continuons de recevoir des informations faisant état de sièges, de massacres et d'atrocités. »

« Nous avons besoin d'un passage sûr et garanti pour les fournitures humanitaires le long des routes principales. Les souffrances humaines révélées lors des récents cessez-le-feu à Homs et à Yarmouk ont souligné l'urgence absolue d'apporter de l'aide à ceux qui en ont désespérément besoin », a dit Ban Ki-moon. « L'ampleur et la gravité des souffrances humanitaires en Syrie s'accroissent chaque jour. »

Le Secrétaire général a noté l'adoption à l'unanimité samedi par le Conseil de sécurité des Nations Unies d'une résolution exigeant que toute les parties au conflit en Syrie autorisent l'acheminement de l'aide humanitaire et cessent de priver les civils de denrées alimentaires et de médicaments indispensables à leur survie.

Ban Ki-moon a appelé mardi l'Assemblée générale à faire « entendre sa voix unique et universelle. » « J'appelle la communauté internationale à fournir les fonds nécessaires pour les opérations en Syrie et dans les pays accueillant les gens qui ont fui », a-t-il ajouté.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a également appelé mardi la communauté internationale à soutenir « une fin immédiate de l'une des plus tragiques crises humanitaires et des droits de l'homme de notre époque. »

« L'incapacité à arriver à un cessez-le-feu global devrait peser lourdement sur notre conscience », a-t-elle dit dans un discours devant l'Assemblée générale.

« Les preuves de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, et de violations grossières des droits de l'homme par les forces gouvernementales et par les groupes d'opposition armée continuent d'augmenter », a-t-elle ajouté. « Les auteurs de ces crimes odieux agissent au mépris du droit et de la communauté internationale, sans craindre de devoir rendre des comptes. »

La Haut-Commissaire a une fois de plus demandé au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale sur la crise syrienne.

La Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires, Kyung-wha Kang, a pour part rappelé que le conflit a fait plus de 100.000 morts en trois ans et que plus de 680.000 personnes ont été blessées. « Plus de 9,3 millions de personnes ont besoin d'assistance en Syrie, dont 6,5 millions de personnes déplacées », a-t-elle dit.

« L'opération dans la vieille ville de Homs a été une percée pour les milliers de personnes évacuées et celles qui ont été assistées après une siège si long. Mais ce n'est qu'un petit élément d'une situation plus large. Il est urgent d'agir pour faciliter l'accès humanitaire et la fourniture de l'aide », a-t-elle ajouté.


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