Forte hausse du nombre de réfugiés centrafricains au Cameroun, selon le HCR

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, lors d’une visite à Bossangoa, en République centrafricaine, en février 2014. Photo: OCHA/Phil Moore

21 février 2014 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a signalé vendredi une forte hausse ce mois-ci du nombre de réfugiés ayant fui au Cameroun depuis la République centrafricaine, avec près de 20.000 personnes arrivées en trois semaines.

Depuis début février, un total de 19.565 réfugiés centrafricains a traversé la frontière vers le Cameroun pour échapper aux violences perpétrées par les milices ex-séléka et anti-balaka à Bangui et dans d'autres villes du nord-ouest de la République centrafricaine.

Après ce tout dernier afflux, quelque 35.142 réfugiés centrafricains se trouvent au Cameroun depuis mars 2013, lorsque les sélékas avaient pris le pouvoir en République centrafricaine, a indiqué un porte-parole du HCR, Dan McNorton, lors d'une conférence de presse à Genève.

« Le nombre croissant de nouveaux arrivants et leurs besoins en vivres et d'autres articles de première nécessité ont causé une hausse des prix et des pénuries de nourriture. Beaucoup vivent dans des conditions précaires, ils manquent de nourriture et d'abris. Les communautés hôtes hébergent beaucoup d'arrivants, mais les habitants ne peuvent pas partager leur maison et leurs ressources avec tout le monde. De plus, les hausses de loyer affectent également les communautés locales », a-t-il ajouté.

Parallèlement, 7.921 ressortissants d'autres pays sont arrivés au Cameroun depuis la République centrafricaine. Ils sont principalement tchadiens, maliens, mauritaniens et nigériens. Ils sont actuellement rapatriés par les autorités de leurs pays respectifs.

A l'issue d'une visite de trois jours en République centrafricaine, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, Michel Sidibé, la Sous-Secrétaire générale à la sûreté et à la sécurité des Nations Unies (UNDSS), Mme Mbaranga Gasarabwe, ont appelé jeudi à une fin des hostilités et aux actes de violence perpétrés contre des civils.

« Les massacres d'innocents, les pillages et la mise à feu de village entiers doivent cesser. La sécurité doit être rétablie afin que les populations puissent rentrer chez elles et ne plus vivre dans la peur. Ceux qui commettent ces actes de violence ont la responsabilité d'y mettre fin », a déclaré Valerie Amos.

Les agences de l'ONU et leurs partenaires humanitaires continuent d'intensifier leurs activités dans la mesure où la sécurité et l'accès le permettent. Cependant, l'accès aux populations vulnérables continue d'être fortement restreint par les hostilités, les attaques à l'encontre des acteurs et biens humanitaires et les interférences dans les secours d'urgence.

A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité jeudi après-midi sur la République centrafricaine, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a proposé aux Etats membres un plan en six points destiné à stabiliser la situation dans le pays. Il s'est notamment inquiété d'une partition de facto du pays, avec les musulmans d'un côté et les chrétiens de l'autre.


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