Journée de la justice sociale : l'ONU appelle à renforcer la lutte contre les inégalités

Une famille vivant dans un bidonville à Sonagachi, Kolkata, en Inde. Photo ONU/Kibae Park

20 février 2014 – À l'occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé jeudi que le fossé qui sépare les plus pauvres des plus riches est profond et ne cesse de s'élargir dans le monde entier. Ce phénomène se produit tout aussi bien à l'échelle interétatique qu'au sein même des États, y compris parmi les plus prospères.

« Le lieu de naissance et de résidence, le sexe et l'appartenance ethnique sont des circonstances qui ne devraient jamais dicter le niveau de revenu ni faire obstacle à la possibilité de suivre un enseignement de qualité, de bénéficier de soins de santé de base, d'obtenir un emploi décent, d'occuper un logement satisfaisant, d'avoir accès à l'eau potable, de participer à la vie politique ou de vivre sans craindre de subir des menaces ou des violences physiques », a souligné M. Ban dans son message pour la Journée.

Selon lui, les violents conflits qui secouent de nombreuses régions du monde sont souvent liés à des inégalités et des discriminations profondément enracinées et à une pauvreté endémique.

« Pourtant, l'inégalité n'a rien d'une fatalité. Notre but à tous devrait être de lever cet obstacle redoutable au développement et à la dignité humaine en prenant des mesures concrètes », a indiqué le Secrétaire général. « L'expérience nous montre que la croissance économique ne suffit pas. Nous devons faire davantage pour permettre aux personnes de s'épanouir dans un emploi décent, pour leur offrir un filet de protection sociale et pour faire en sorte que les pauvres et les marginalisés se fassent entendre ».

Dans son message, le Président de l'Assemblée générale, John Ashe, a expliqué que la justice sociale était une composante importante des objectifs de développement pour la période après 2015.

« Nous devons répondre aux besoins et tirer parti des capacités de tous les membres de notre famille mondiale, et en particulier des femmes, des jeunes, des populations autochtones, des personnes âgées, des handicapés, des pauvres et des populations marginalisées », a souligné M. Ashe.

De son côté le Directeur général de l'Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, a appelé les décideurs « à élaborer des politiques qui servent l'ambition d'une véritable relance socio-économique à l'échelle mondiale et d'un programme de développement pour l'après-2015 qui permette à tous d'échapper à la pauvreté.»

« Aujourd'hui, une génération entière de jeunes doit faire face à un avenir plus incertain et moins prospère que celui qu'ont connu leurs parents. Nombre d'entre eux se trouvent déjà dans des situations si désespérées qu'ils ne pourraient guère tomber plus bas », a dit M. Ryder. « C'est une réalité qu'aucun décideur ne peut ignorer ».

Même avant que la crise financière mondiale n'éclate en 2008, la moitié des habitants du globe vivaient sous le seuil de pauvreté fixé à deux dollars des Etats-Unis par jour, des millions souffraient de la faim et bien trop peu avaient la chance d'accéder à un emploi décent.

« Six années de reprise économique atone et des mesures inadaptées ont fait des millions d'autres laissés-pour-compte, qui se sont retrouvés sans emploi alors que les prix des aliments et des services ne cessaient d'augmenter. En conséquence, nous devons faire face à une crise sociale profonde, qui se double d'une crise de la justice sociale », a affirmé le chef de l'OIT.

Actuellement, le 1% des plus riches de la planète contrôlent 40% des richesses du monde, tandis que la moitié la plus pauvre de l'humanité ne contrôle guère plus de 1% des richesses.

Les mesures de protection sociale sont, selon M. Ryder, des éléments essentiels des politiques à mettre en œuvre. Les pays disposant de systèmes de sécurité sociale efficaces sont parvenus, par des transferts sociaux, à diminuer de plus de la moitié leur taux de pauvreté et ont considérablement réduit les inégalités. « Comme on a pu aussi le constater depuis 2008, les pays dotés de tels systèmes ont su trouver une réponse plus rapide et plus efficace à la crise », a déclaré M. Ryder.


News Tracker: autres dépêches sur la question

L'égalité et le respect des droits humains sont essentiels pour le développement durable, selon Ban

En savoir plus





Coup de projecteur