Il faut renforcer la protection des civils en période de conflit armé, selon le Conseil de sécurité

Des civils déplacés cherchent refuge à proximité de la base de la mission de l’ONU à Bor au Soudan du Sud. Photo ONU/Hailemichael Gebrekrstos

12 février 2014 – Le Conseil de sécurité des Nations Unies a jugé mercredi qu'il était nécessaire de renforcer la protection des civils en période de conflit armé comme le montrent les crises actuelles en Syrie, en République centrafricaine et au Soudan du Sud.

Lors d'un débat consacré à ce sujet, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration dans laquelle il réaffirme « son engagement concernant la protection des civils en période de conflit armé et sa volonté de voir se poursuivre l'application intégrale de toutes ses résolutions sur la question. » Le Conseil juge « nécessaire que lui-même et les Etats membres renforcent encore la protection des civils. »

Les membres du Conseil réaffirment également qu'il faut que les missions de paix des Nations Unies qui ont un mandat de protection des civils veillent à s'en acquitter dans les faits et qu'il est important que les hauts responsables des missions continuent de s'investir dans la protection des civils.

Lors du débat, plusieurs hauts responsables des Nations Unies ont fait le point sur la question devant les membres du Conseil de sécurité.

« J'ai le regret d'informer le Conseil que malgré la législation sur les droits de l'homme et le droit humanitaire et la large utilisation des médias sociaux pour traquer les atrocités contre les civils, des civils continuent de manière régulière d'être tués, blessés et mutilés lors d'attaques ciblées ou aveugles en période de conflit armé », a dit la Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos.

Elle a cité les exemples des conflits en Syrie, en République centrafricaine et au Soudan du Sud. « A bien des égards, nous semblons reculer alors que les exhortations internationales, y compris celles de ce Conseil, restent lettre morte », a-t-elle dit.

Selon Mme Amos, « investir les missions de maintien de la paix d'un mandat de protection des civils confrontés à une menace imminente de violence physique reste parmi les actions les plus importantes prises par le Conseil pour renforcer cette protection et cela a certainement sauvé des vies. »

La Secrétaire générale adjointe a estimé toutefois qu'il était indispensable de garantir une coordination efficace entre les missions et les acteurs humanitaires, que de nombreuses tâches menées par les casques bleus pour protéger les civils dépendaient de leur impartialité et qu'il était important que la contribution des employés civils dans la mise en œuvre du mandat de protection ne soit pas éclipsée par l'accent mis sur le rôle militaire et la protection physique des civils.

De son côté, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a estimé que les leçons du passé avaient été tirées et que plus de 95% des casques bleus travaillaient dans des missions ayant un mandat de protection des civils.

M. Ladsous a toutefois jugé que les limites du maintien de la paix étaient réelles. « Avec les capacités à leur disposition, les missions doivent faire tout leur possible pour protéger », a-t-il dit. « Aucun mission de maintien de la paix ne peut protéger tout le monde, ou même la majorité des civils quand un grave conflit éclate. »

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a noté que neuf opérations de maintien de la paix avaient actuellement un mandat de protection des civils.

Selon elle, l'expérience montre qu'une équipe chargée des droits de l'homme avec des effectifs suffisants au sein des missions était indispensable pour l'efficacité de la mise œuvre de ce mandat.


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