Centrafrique : l'ONU juge nécessaire d'accroître les efforts pour faire cesser la violence

Des troupes françaises patrouillent dans une rue de Bangui, en République centrafricaine. Photo IRIN/Nicholas Long

11 février 2014 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a discuté au téléphone lundi soir de la situation en République centrafricaine avec le Ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, et a souligné la nécessité d'une action internationale suffisamment vigoureuse pour faire cesser la violence et prévenir davantage d'atrocités.

M. Ban et M. Fabius « ont discuté de la situation profondément troublante en République centrafricaine, notamment la poursuite de la violence interconfessionnelle entre Musulmans et Chrétiens et du cycle de représailles », a indiqué le porte-parole du Secrétaire général dans une note à la presse.

« Le Secrétaire général a répété que la communauté internationale avait une responsabilité collective envers la population de la République centrafricaine. Il a souligné que la réponse internationale devait être suffisamment vigoureuse pour faire cesser la violence et prévenir ce qui pourrait aboutir à davantage d'atrocités », a-t-il ajouté. « A cet égard, il a demandé ce qui pourrait être fait pour accroître le soutien à la Mission internationale sous conduite africaine (MISCA), pour accélérer le déploiement des troupes de l'Union européenne et s'il était possible d'envisager des troupes supplémentaires. »

Lors d’une rencontre avec des journalistes mardi à New York, M. Ban a indiqué qu’il allait discuter de nouveau le soir même avec M. Fabius après des conversations téléphoniques mardi matin avec la Présidente de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, et avec la Présidente de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, sur la situation dans le pays.

Le Secrétaire général a également indiqué que le Sous-Sécrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, se rendrait en République centrafricaine cette semaine pour consulter les représentants de l’Union africaine sur la possible transformation de la MISCA en opération de maintien de la paix des Nations Unies. "Même si cette transformation semble de plus en plus nécessaire, cela prendra du temps à mettre en place", a dit M. Ban.

De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est déclaré mardi inquiet de la détérioration de la situation sécuritaire dans la capitale Bangui, mentionnant notamment les assassinats ciblés et les extorsions de fonds.

« Dimanche, un membre du Conseil national de transition, Jean-Emmanuel Ndjaroua, a été assassiné devant son domicile en plein jour, plusieurs semaines après que deux de ses enfants ont été tués. Des maisons de ministres Séléka, dont l'ancien Ministre de la justice, ont été pillées. Deux magistrats ont été attaqués, dont l'un d'eux a été blessé et amené à l'hôpital alors que l'autre a réussi à s'échapper. Aussi dimanche, le composant rwandais de la MISCA est intervenu pour empêcher une foule de gens de tuer un Musulman accusé d'avoir attaqué une femme », a dit le porte-parole du HCDC, Rupert Colville, à Genève.

Le HCDH juge particulièrement préoccupant « le climat de complète impunité qui règne dans le pays », notamment les déclarations publiques justifiant la violence.

« Nous travaillons avec différents acteurs pour tenter de redémarrer le processus judiciaire à Bangui afin de combattre l'impunité rampante dans le pays. Nous saluons également l'examen préliminaire par la Cour pénale internationale concernant les crimes commis ces derniers mois en République centrafricaine », a dit M. Colville.


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