Les flux financiers illicites venant d’Afrique entravent le développement du continent, selon l'ONU

L’ancien Président d’Afrique du Sud et Président du Panel de haut niveau sur les flux financiers illicites, Thabo Mbeki. Photo ONU/Eskinder Debebe

7 février 2014 – Le Vice-secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, et l'ancien Président de l'Afrique du Sud, Thabo Mbeki, ont souligné jeudi le besoin de renforcer les efforts au niveau mondial pour résoudre le problème des flux financiers illicites provenant de l'Afrique, qui entravent le développement du continent depuis des dizaines d'années.

Selon les estimations, plus de 50 milliards de dollars sont perdus chaque année à cause des flux illicites, ce qui représente beaucoup plus que l'aide au développement qui est investi dans le continent.

Lors de l'ouverture d'un Panel de haut niveau sur les flux financiers illicites provenant de l'Afrique au siège de l'ONU à New York, M. Eliasson a qualifié de « stupéfiant » ces 50 milliards de dollars perdus et que cela portait préjudice aux individus ainsi qu'au développement et à la gouvernance en Afrique en général.

« Si nous arrivons à mettre fin aux pertes de ressources de l'Afrique dues à la sortie illicite de fonds, ces ressources pourraient être utilisées à satisfaire les besoins des peuples du continent et à investir dans un avenir meilleur », a indiqué M. Eliasson.

Le Panel, qui a été établi par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) et l'Union africaine en février 2012, a pour objectif d'examiner le problème des flux financiers illicites. Il est présidé par M. Mbeki et composé de neuf autres personnalités d'Afrique et d'ailleurs.

M. Mbeki a affirmé que les fonds ainsi perdus sont « générés en Afrique, appartiennent aux Africains, mais sont perdus de façon illégale ». Près de deux tiers de ces flux financiers illicites proviennent des activités des entreprises multinationales et près de 30% d'activités purement criminelles, dont les trafics de drogues, la traite des êtres humains et la corruption. Le plus souvent les fonds partent dans les pays développés et dans des paradis fiscaux.

« Nous devons comprendre le problème de ces flux illicites, aussi bien du point de vue des pays exportateurs, que des pays qui les reçoivent afin que nos recommandations prennent en compte les deux maillons de la chaîne », a expliqué M. Mbeki.

Le rapport final du Panel devrait être rendu en juin 2014 et contenir une description du problème ainsi que des propositions concrètes pour le résoudre.


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