Syrie : la première session des pourparlers de paix s'achève sur de modestes progrès

Le Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des Etats arabes pour la Syrie, Lakhdar Brahimi. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

31 janvier 2014 – La première session des pourparlers de paix entre les délégations de l'opposition et du gouvernement syriens, sous la houlette de l'ONU, s'est achevée vendredi à Genève sur des progrès limités mais acceptables, a souligné le Représentant spécial conjoint, Lakhdar Brahimi.

« Cela fut un début difficile, mais les parties ont pris l'habitude de s'asseoir dans la même pièce. Elles ont présenté leurs positions et se sont écoutées », a dit M. Brahimi lors d'une conférence de presse. « Les progrès sont vraiment très lents, mais les parties se sont comportées de manière acceptable. Il s'agit d'un début modeste sur lequel nous pouvons nous appuyer. »

Lors de ces huit jours de pourparlers, les deux délégations étaient là pour discuter d'une solution politique au conflit en Syrie. « Le fossé qui sépare les deux parties reste large. Il est inutile de prétendre le contraire. Néanmoins, pendant nos discussions, j'ai observé quelques points communs, peut-être plus nombreux que les deux parties ne le réalisent ou l'admettent », a déclaré le Représentant spécial conjoint.

M. Brahimi a dit qu'il avait aussi demandé personnellement aux deux délégations de faire quelque chose concernant la situation humanitaire catastrophique en Syrie. « La situation à Homs a fait l'objet de discussions, même s'il n'y a pas encore eu malheureusement de percée. Nous avons discuté de l'accès à d'autres endroits et de l'idée d'une pause des combats à travers tout le pays pour permettre un accès (humanitaire) partout », a-t-il déclaré. Il s'est félicité de la fourniture d'une assistance humanitaire au camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk jeudi.

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a exprimé vendredi sa profonde frustration et déception concernant l’absence d’accord à Genève sur une pause humanitaire.

« Je suis très préoccupée par le fait que des hommes, des femmes et des enfants meurent inutilement à travers le pays et que d’autres ont désespérément besoin de nourriture, d’eau potable et de soins médicaux, alors que les discussions se poursuivent pour essayer de trouver une solution politique afin de mettre fin à la crise », a-t-elle dit dans un communiqué de presse.

« Il faut agir maintenant. Il faut que les sièges soient levés, que des accords de cessez-le-feu signés et que des convois soient autorisés immédiatement et dans la sécurité. Il faut que les frontières et les routes soient ouvertes pour permettre un flux régulier de fournitures humanitaires vitales », a-t-elle ajouté.

Lakhdar Brahimi a indiqué qu'après la première session des pourparlers, il y aurait une pause et qu'il proposait une reprise des discussions le 10 février.

« La délégation de l'opposition a accepté cette date. Celle du gouvernement a dit qu'elle avait besoin de consulter d'abord Damas », a-t-il dit.

Par ailleurs, concernant la situation humanitaire, le Programme alimentaire mondiale (PAM) a une nouvelle fois appelé vendredi les deux parties en conflit en Syrie à permettre un accès humanitaire sans entraves à tous les civils à travers le pays.

« Le PAM a besoin d'un accès continu et durable pour fournir aux personnes affectées une assistance alimentaire et pour évaluer les besoins », a dit la porte-parole du PAM à Genève, Elisabeth Byrs, lors d'un point de presse.

La porte-parole a indiqué que le PAM avait distribué de la nourriture à 3,8 millions de personnes en Syrie en décembre et que ce chiffre était passé à 4,25 millions de personnes en janvier.


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