Côte d'Ivoire : la Représentante spéciale de l'ONU salue les progrès pour la paix et la stabilité

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour la Côte d’Ivoire, Aïchatou Mindaoudou, s’exprime par vidéo-conférence au Conseil de sécurité. Photo: ONU

27 janvier 2014 – Lors d'une réunion au Conseil de sécurité lundi, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la Côte d'Ivoire, Aïchatou Mindaoudou, a indiqué que ce pays, en dépit d'une situation sécuritaire encore fragile, continuait de faire des progrès et demeurait sur la voie de la paix et de la stabilité durables.

Mme Mindaoudou, qui est également chef de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), présentait par vidéoconférence depuis Abidjan, le rapport du Secrétaire général sur la Mission, couvrant la période des six derniers mois de 2013. Elle a mis en garde la communauté internationale face à la résurgence de discours haineux dans certains médias, qui n'est pas sans rappeler les faits similaires ayant conduit à la crise de 2010.

« Dans l'ensemble, les réformes socioéconomiques engagées par le Gouvernement ivoirien commencent à donner des résultats tangibles, notamment avec une croissance économique bonne, un afflux d'investissements étrangers et un secteur privé qui renaît », a indiqué Mme Mindaoudou.

« Cette tendance positive s'explique par la stabilité politique du pays, ainsi que par le soutien financier de la communauté internationale », a-t-elle ajouté.

En matière de sécurité, la Représentante spéciale a salué des avancées dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité, avec la date butoir de juin 2015 qui a été arrêtée pour la fin du désarmement des ex-combattants.

Mme Mindaoudou a, pour sa part, noté que les défis sécuritaires restaient d'actualité et que la situation demeurait fragile. Elle a fait mention d'incidents intercommunautaires et de violences ethniques, ainsi que des vols à main armée et des activités du crime organisé qui, a-t-elle dit, apparaissent comme des obstacles à la paix et la sécurité. Elle a aussi déclaré que l'absence de clarification sur le statut des Dozos, ces chasseurs traditionnels, constituait une menace pour la stabilité du pays.

« Les problèmes sécuritaires sont surtout localisés dans l'ouest du pays », a précisé la Représentante spéciale, qui s'est inquiétée de la circulation illégale des armes et des activités de groupes proches de l'ancien régime et d'anciens combattants, notamment le long de la frontière avec le Libéria.

Mme Mindaoudou a salué la coopération entre les Gouvernements de Côte d'Ivoire et du Libéria, d'une part, et celle entre l'ONUCI et la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), d'autre part, des partenariats qui font qu'aucune attaque majeure n'aura été enregistrée le long de la frontière depuis un an.

Dans le cadre des réformes institutionnelles, la Représentante spéciale s'est félicitée des mesures gouvernementales visant à renforcer l'inclusion politique, y compris par des actes de conciliation en direction de l'opposition, notamment par la libération de personnalités proches de l'ancien Président Laurent Gbagbo.

« Le Gouvernement a pris des mesures pour résoudre les questions qui étaient les causes profondes de la crise ivoirienne », a expliqué Mme Mindaoudou. Le 23 août dernier, l'Assemblée nationale a adopté des lois qui accordent aux propriétaires ruraux 10 années de plus pour faire constater leur droit sur les terres du domaine coutumier et qui simplifient les procédures de naturalisation d'autre part.

En outre, la nouvelle loi sur la nationalité accorde aux ressortissants étrangers de sexe masculin le droit d'acquérir la nationalité ivoirienne par le mariage, droit précédemment réservé aux ressortissantes étrangères. Par ailleurs, l'Assemblée a adopté des dispositions octroyant la nationalité ivoirienne aux étrangers résidant en Côte d'Ivoire depuis 1972, ainsi qu'à leurs enfants.

Au sujet des droits de l'homme, la Représentante spéciale a noté que le Gouvernement avait prolongé le mandat de la Cellule spéciale d'investigation et d'examen, dont le rôle est d'enquêter sur les crimes commis au cours de la crise postélectorale de 2011.


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