Syrie : l'ONU annonce que l'Iran ne participera pas à Genève II

Des enfants syriens. Photo: UNICEF/Karin Skermbrucker

20 janvier 2014 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a annoncé lundi que l'Iran ne participerait pas à l'ouverture de la conférence Genève II, qui aura lieu mercredi à Montreux, en Suisse, et a pour but de réunir le gouvernement et l'opposition de Syrie autour de la table de négociations.

« Lors d’une série de réunions et de conversations téléphoniques, de hauts responsables iraniens ont assuré au Secrétaire général que l’Iran comprenait et soutenait le fondement et l’objectif de la conférence, y compris le Communiqué de Genève » du 30 juin 2012, a dit le porte-parole du Secrétaire général dans une déclaration lue devant la presse lundi après-midi. « Le Secrétaire général est profondément déçu par les déclarations publiques iraniennes aujourd’hui qui ne sont pas du tout conformes à cet engagement. »

Ban Ki-moon « continue d’appeler l’Iran à se joindre au consensus mondial contenu dans le Communiqué de Genève », qui prévoit notamment l’établissement d’un gouvernement de transition avec les pleins pouvoirs exécutifs, a poursuivi son porte-parole, Martin Nesirky. Selon le Secrétaire général, étant donné que l’Iran « a choisi de rester en dehors de ce consensus de base, il a décidé que le rassemblement d’une journée à Montreux aurait lieu sans la participation de l’Iran. »

Lundi matin, Ban Ki-moon avait indiqué que des discussions intenses étaient en cours suite à l'émergence de différends sur la liste des participants à la conférence.

« Le Secrétaire général, qui a déployé des efforts extraordinaires pour tenter de mettre fin aux souffrances en Syrie, est consterné par les développements concernant la participation à la Conférence de Genève sur la Syrie, qui doit débuter mercredi à Montreux », avait dit le porte-parole de M. Ban lors d'un point de presse lundi midi.

« Certains acteurs clés ont conditionné leur participation à l'inclusion ou l'exclusion d'autres délégations », a ajouté M. Nesirky. « Le Secrétaire général estime que c'est le moment de réaliser une avancée pour la paix en Syrie. Ce n'est pas le moment d'ajouter des conditions ».

Selon les médias, la Coalition nationale de la révolution et des forces armées syriennes, un groupe d'opposition syrien, qui avait confirmé sa participation, a menacé de boycotter la conférence à moins que le Secrétaire général ne retire l'invitation à l'Iran d'y participer.

Dimanche soir, M. Ban avait annoncé que, suite à des « réunions intenses » et plusieurs appels téléphoniques avec plusieurs dirigeants du monde et d'autres parties prenantes aux efforts diplomatiques concernant la Syrie, il avait décidé d'inviter l'Iran à participer à la conférence, ainsi que l'Australie, la Belgique, Bahreïn, le Vatican, la Grèce, le Luxembourg, le Mexique, les Pays-Bas et la République de Corée.

« Je pense qu'une large présence internationale sera importante et utile pour montrer la solidarité internationale et pour soutenir les travaux du gouvernement et de l'opposition syrienne à Genève », avait affirmé le Secrétaire général en soulignant que l'Iran devait faire partie de la solution à la crise syrienne.

La rencontre à Montreux, qui sera présidée par M. Ban, se poursuivra le 24 janvier à Genève sous la houlette du Représentant spécial conjoint pour la Syrie, Lakhdar Brahimi.


News Tracker: autres dépêches sur la question

Syrie : Ban salue la décision d'un groupe d'opposants de participer à Genève II

En savoir plus





Coup de projecteur