Cambodge : un expert de l'ONU demande aux responsables politiques de sortir de l'impasse

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, Surya P. Subedi. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

17 janvier 2014 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Cambodge, Surya P. Subedi, a exhorté vendredi le gouvernement et les partis d'opposition dans ce pays à lancer des négociations pour sortir de l'impasse politique actuelle.

À la fin d'une mission d'une semaine au Cambodge, M. Subedi, a indiqué que les tensions politiques et sociales ont un impact direct sur le respect des droits de l'homme de tous les Cambodgiens.

« La souplesse des partis politiques est essentielle pour parvenir à un compromis politique nécessaire. Le pays doit lancer son programme de réformes de la justice, de la loi électorale et du fonctionnement du parlement », a affirmé M. Subedi dans un communiqué de presse, en rappelant qu'il avait déjà formulé ces recommandations dans ses précédents rapports.

L'expert de l'ONU a expliqué que son entretien avec le Premier ministre Hun Sen a été « franc, cordial et instructif », et il a salué le chef du gouvernement cambodgien pour avoir envoyé « un signal fort à la communauté internationale indiquant qu'il est prêt et disposé à se pencher sérieusement sur les questions des droits de l'homme dans le pays ».

Cependant, l'expert indépendant a indiqué qu'il y a eu un « changement inquiétant de l'attitude du gouvernement envers les manifestations, passant de la tolérance vers davantage de répression ».

Plus tôt ce mois-ci, la police militaire a ouvert le feu sur des grévistes de l'industrie textile dans la capitale Phnom Penh, tuant au moins quatre personnes. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), les travailleurs de l'industrie textile manifestaient pour obtenir un salaire minimum plus élevé.

M. Subedi a réitéré son appel au gouvernement de mener une enquête indépendante et crédible sur cet épisode et rappelé que tout usage de la force doit être proportionnelle et seulement en cas de nécessité. Il a également condamné la violence exercée par des manifestants.

L'expert a exhorté le gouvernement à lever l'interdiction contre les manifestations en vigueur depuis le 4 janvier, en soulignant qu'il n'y a pas de justification juridique d'une telle interdiction.


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