Syrie : les entraves à l’aide destinée à Yarmouk pourraient constituer un crime de guerre - Pillay

Le camp de Yarmouk, foyer des réfugiés Palestiniens établis à Damas, en Syrie. Photo: IRIN/Gabriela Keller

17 janvier 2014 – La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Navi Pillay a fermement condamné vendredi les entraves répétées aux convois qui tentent de ravitailler les 18.000 résidents du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk en Syrie, estimant que ces entraves pourraient constituer un crime de guerre.

« Au cours des quatre derniers mois, de nombreux tentatives, par les Nations Unies et d'autres organisations, d'apporter des convois de nourriture et de médicaments aux enfants souffrant de malnutrition, aux femmes et aux personnes âgées réduites à la famine, ont été entravées. Les civils ont eu accès à très peu d'aide au cours des neuf derniers mois », a déclaré Mme Pillay dans un communiqué de presse.

« Les civils, parmi lesquels nombre de femmes et d'enfants, sont pris en tenaille entre les forces gouvernementales syriennes et les milices affiliées qui encerclent le camp de Yarmouk et l'assiègent et les groupes armés antigouvernementaux opérant en son sein », a-t-elle ajouté.

De nombreux décès ont été signalés. Ces décès sont dus à la famine, à la consommation de nourriture avariée et à la pénurie chronique de fournitures et d'expertise médicales pour les personnes malades, blessées et les femmes enceintes piégées dans le camp. La situation est aggravée par l'absence d'électricité et une grave pénurie d'eau. Des civils continuent également à mourir du fait des combats en cours et d'attaques aériennes sporadiques.

« L'étendue de la malnutrition et le nombre de personnes qui en sont mortes, soit directement soit indirectement, ne sont pas connus avec certitude », a déclaré Navi Pillay. « Mais il est absolument clair que la situation à Yarmouk est maintenant totalement désespérée et que des civils sont en train de mourir du fait de celle-ci. Les forces gouvernementales et les milices qui leur sont affiliées semblent imposer une punition collective aux civils de Yarmouk. »

La Haut-Commissaire a rappelé que le droit international exige des parties au conflit qu'elles accordent le libre passage à tout convoi de vivres indispensables, de vêtements réservés aux enfants de moins de quinze ans, aux femmes enceintes ou en couches et qu'elles accordent le libre passage à tout convoi de médicaments et de matériel sanitaire.

Les deux principales voies permettant aux secours humanitaires d'accéder au camp de Yarmouk ne peuvent être atteintes qu'à travers une succession de postes de contrôle qui surveillent strictement les entrées et sorties, empêchant les résidents d'accéder aux biens de première nécessité, notamment aux denrées alimentaires et aux médicaments.

Navi Pillay a souligné que le recours à la famine comme arme de guerre contre des civils était interdit par le droit international et pourrait constituer un crime de guerre. Elle a insisté sur le fait que les biens indispensables à la survie de la population civile, tels que des denrées alimentaires et les zones agricoles qui les produisent, les récoltes, le bétail, les installations et réserves d'eau potable et les ouvrages d'irrigation, sont protégés par le droit international. Attaquer, détruire, enlever ou mettre hors d'usage de tels biens est interdit.


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