Soudan du Sud : le conflit a ramené le pays dix ans en arrière, selon un haut responsable de l'ONU

Le Sous Secrétaire général aux droits de l’homme, Ivan Simonovic (à droite) lors de sa visite au Soudan du Sud. Photo: UNMISS/Patrick Morrison

17 janvier 2014 – À la fin d'une mission de quatre jours au Soudan du Sud, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, a affirmé vendredi que les combats dans ce pays ont causé une catastrophe humanitaire avec des violations massives des droits de l'homme et des atrocités commises par les deux parties au conflit.

« Le conflit a atteint un niveau de guerre civile, qui inflige des souffrances inimaginables à des milliers de civils. Pendant mon séjour dans le pays, j'ai entendu des rapports sur des exécutions de masse, des exécutions arbitraires, des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des violences sexuelles, des destructions et l'utilisation d'enfants soldats. Un mois de conflit a ramené le Soudan du Sud dix ans en arrière », a déclaré M. Simonovic dans un communiqué de presse.

Des milliers de personnes ont été tuées et des centaines de milliers déplacées depuis le début du conflit à la mi-décembre. Près de 70.000 personnes ont cherché la protection de l'ONU dans les bases de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), dont environ 30.000 dans les deux bases de la mission à Juba.

« Cette crise, qui a commencé pour des raisons politiques, a désormais pris un caractère de lutte inter-ethnique qui doit être résolue de toute urgence. Les gens de chaque bord sont absolument convaincus que les autres sont responsables, ce qui rend la situation encore plus dangereuse. Cela montre aussi qu'il est nécessaire qu'une commission indépendante établisse les faits de ces évènements effroyables », a expliqué M. Simonovic.

Le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, a notamment visité la ville de Bentiu dans l'Etat d'Unity, qui a été le théâtre de violents affrontements au cours des dernières semaines. Il a indiqué que la ville paraissait déserte, avec des signes de mort et de destruction partout. Il a notamment expliqué qu'il a vu une quinzaine de cadavres jonchés une route.

À Bor, dans l'Etat de Jonglei, qui selon lui est également une « ville fantôme », M. Simonovic a pu rencontrer le chef des forces anti-gouvernementales, Peter Gadet, pour lui rappeler que ses forces avaient la responsabilité et l'obligation de protéger les civils.

Dans la capitale Juba, M. Simonovic a reçu des informations selon lesquelles des atrocités auraient été commises dans le commissariat de police du quartier de Gudele, où un grand nombre de civils pris dans des rafles, auraient été tués à cause de leur appartenance ethnique. M. Simonovic a affirmé que cet incident faisait l'objet d'une enquête.

« La responsabilité est un facteur clé. Une commission indépendante et impartiale doit être établie au plus vite pour établir les faits. Ceux qui ont commis ces crimes horribles, ou qui les ont commandités et ceux qui n'ont rien fait pour les empêcher alors qu'ils auraient pu le faire, doivent tous être tenus responsables le plus vite possible », a affirmé M. Simonovic.

Le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme a salué la MINUSS pour avoir agi rapidement pour protéger les civils au cours des dernières semaines, en soulignant que si la mission n'avait pas ouvert les portes de ses bases aux civils qui fuyaient la violence, le nombre de victimes aurait été bien supérieur.

La présence de la MINUSS est, selon M. Simonovic, primordiale pour empêcher d'autres atrocités et pour protéger les civils. Le renforcement de la capacité de surveillance dans le domaine des droits de l'homme est également un facteur positif selon lui, car cela permet de comprendre la situation.


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