Un haut responsable humanitaire de l'ONU appelle à faire de la Centrafrique une priorité

Le Directeur des opérations de l’Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), John Ging. Photo: ONU

16 janvier 2014 – Après une mission de cinq jours en République centrafricaine, un haut responsable humanitaire de l'ONU a appelé jeudi la communauté internationale à faire de ce pays une priorité, s’inquiétant des risques de "génocide".

« La République centrafricaine doit être placée en haut de la liste des priorités. Cela fait trop longtemps que ce pays languit au bas de cette liste pour nos bailleurs de fonds », a déclaré le Directeur des opérations du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), John Ging, lors d'une conférence de presse à Genève.

Il a précisé que la crise en République centrafricaine est qualifiée de niveau 3 par la communauté humanitaire, le niveau le plus élevé. Seuls deux autres pays sont à ce niveau actuellement : la Syrie et les Philippines.

« Nous sommes très dépendants de la capacité des bailleurs de fonds à nous donner les ressources dont nous avons besoin pour une opération à grande échelle », a dit M. Ging. Les agences de l'ONU et leurs partenaires ont lancé un appel de 247 millions de dollars pour l'assistance humanitaire en République centrafricaine cette année mais seulement 6% de cette somme a été reçue pour l'instant.

Plus de 2,6 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire dans le pays, où plus de 880.000 personnes sont déplacées, dont plus de 510.000 dans la capitale Bangui.

« D'un point de vue humanitaire, c'est une énorme tragédie », a estimé John Ging. Il s'est dit « très préoccupé » par la possibilité que ce conflit se transforme en conflit inter-ethnique, inter-religieux. « Les communautés résistent mais elles ont peur », a-t-il déclaré.

« La crise a tous les éléments que nous avons vus ailleurs dans des endroits comme le Rwanda et la Bosnie. Les éléments sont là pour un génocide. Il n’y a pas de doute", a-t-il ajouté. "Nous ne pouvons pas permettre que cela arrive dans ce cas-là. Cela confirme la nécessité d'une implication internationale à grande échelle au-delà de l'humanitaire. »

Lundi 20 janvier, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos et la Commissaire européenne Kristalina Georgieva doivent co-présider une réunion de haut-niveau à Bruxelles sur la situation humanitaire et les besoins en matière de financements.


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