Eliasson rappelle la responsabilité de la communauté internationale à empêcher les génocides

Le Vice Secrétaire général Jan Eliasson. Photo ONU/Evan Schneider

15 janvier 2014 – À l'occasion d'un évènement spécial au siège de l'ONU à New York sur les moyens d'empêcher les génocides, le Vice-secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, a rappelé que l'échec de la communauté internationale à éviter le génocide au Rwanda en 1994 doit servir de leçon pour éviter d'autres génocides à l'avenir.

« Les conséquences de l'échec à réagir aux signes précurseurs et avertissements ont été horribles. Nous ne devons jamais oublier l'échec collectif à empêcher le génocide au Rwanda. Le fait de répéter continuellement la phrase 'plus jamais ça' est en lui-même un signe de cet échec », a déclaré M. Eliasson lors de cet évènement organisé conjointement par le Département de l'information de l'ONU et la mission permanente du Rwanda près de l'ONU. L'ancien chef de l'opération de maintien de la paix au Rwanda à l'époque, Roméo Dallaire, qui avait tenté de tirer la sonnette d'alarme, participait également à cet événement.

Le Vice-secrétaire général a rappelé que cet échec ainsi que l'expérience amère du massacre de Srebrenica en Bosnie-Herzégovine en 1995 avaient permis de réaliser certaines avancées, dont l'établissement en 1998 de la Cour pénale internationale (CPI) qui a pour mandat de poursuivre et de juger les personnes qui se rendent coupables de crimes particulièrement graves contre l'humanité, et l'adoption par l'Assemblée générale de l'ONU en septembre 2005 du principe de la responsabilité de protéger.

« La situation actuelle au Soudan du Sud est un exemple de l'engagement et des façons innovantes de protéger les populations. Malgré la tragédie que représente la mort d'un grand nombre de personnes, des milliers de civils ont été sauvés parce qu'ils ont trouvé un refuge dans les bases de l'ONU et qu'ils ont pu bénéficier de la protection et de l'aide humanitaire », a expliqué M. Eliasson.

« Les conditions demeurent difficiles et la situation instable, mais pour l'instant, les gens sont en relative sécurité et les Nations Unies s'efforcent de répondre à leurs besoins tout en promouvant une solution pacifique au conflit », a-t-il ajouté.

Le Vice-secrétaire général a cependant souligné que les leçons de l'histoire n'ont pas toujours été apprises. « Depuis la tragédie du Rwanda, des centaines de milliers de personnes sont mortes dans des atrocités de masse et des dizaines de millions ont été déplacées. Au cours des dernières semaines seulement, des hommes, des femmes et des enfants ont été massacrés, non seulement au Soudan du Sud, mais également en République centrafricaine (RCA) et en Syrie », a-t-il indiqué.

Il a souligné que l'instrumentalisation des différences religieuses ou ethniques et l'incitation à la haine peuvent avoir des conséquences dramatiques. « Lorsque les gens sont tués ou violés au nom d'une religion, d'une race ou origine ethnique, l'humanité toute entière se trouve amoindrie. Nous sommes tous brutalisés, les victimes, les auteurs et les témoins ».

Parmi les initiatives actuelles de l'ONU dans le domaine de la prévention des génocides, M. Eliasson a cité le Plan d'action « Les droits avant tout », élaboré à la demande du Secrétaire général après la publication, en 2009, du rapport du Groupe de contrôle interne sur le rôle des Nations Unies au Sri Lanka, qui a pour objectif de traduire en actes les notions de diplomatie préventive.


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