Soudan du Sud : l'ONU prévient que la violence aggrave l'insécurité alimentaire

Une famille de civils Sud-Soudanais a trouvé refuge sur une base de l’ONU à Juba. Photo: UNHCR/K. McKinsey

13 janvier 2014 – L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a prévenu lundi que les affrontements qui ont éclaté le mois dernier au Soudan du Sud menacent d'aggraver l'insécurité alimentaire, anéantissant les modestes acquis réalisés ces deux dernières années.

Dans le cadre du Plan d'intervention des Nations Unies en cas de crise, la FAO le Programme alimentaire mondial (PAM) et leurs partenaires cherchent à mobiliser 61 millions de dollars en faveur des familles rurales et urbaines vulnérables, dont les activités de production vivrière et les moyens de subsistance sont interrompus par les affrontements et les déplacements de populations.

La FAO cible ses efforts en particulier sur la distribution de semences, les vaccins pour le bétail, le matériel de pêche et autres intrants agricoles, et les technologies et services. Elle s'attache également à atténuer l'impact environnemental des déplacements de personnes.

La situation humanitaire au Soudan du Sud s'est détériorée rapidement depuis le début des affrontements à la mi-décembre, causant pertes en vies humaines et déplacements de populations, et bouleversant les activités de développement agricole et les secours humanitaires cruciaux pour la survie de millions de personnes. Quatre des dix Etats du Soudan du Sud sont confrontés à un risque alarmant d'insécurité alimentaire et de malnutrition.

Selon une récente estimation de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), près de 10.000 personnes auraient été tuées depuis le 15 décembre.

« Il est primordial de rétablir la sécurité alimentaire et la stabilité au Soudan Sud au plus vite afin de permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles et de reprendre leurs activités agricoles, pastorales et halieutiques. Le facteur temps est capital, il y a du poisson dans les rivières, les éleveurs s'efforcent de protéger leurs troupeaux et les semis de maïs, d'arachide et de sorgho démarrent en mars », a expliqué la Représentante de la FAO au Soudan du Sud, Sue Lauze, dans un communiqué de presse.

« Même avant les affrontements récents qui ont déplacé plus de 352.000 personnes, on estimait déjà qu'il y avait environ 4,4 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire au Soudan du Sud, dont 830.000 de façon aiguë », a déclaré le Directeur de la Division des opérations d'urgence et de la réhabilitation de la FAO, Dominique Burgeon.

De son côté, le PAM a annoncé lundi avoir lancé une nouvelle opération d'urgence de trois mois pour étendre son aide aux personnes affectées par la crise au Soudan du Sud. L'agence onusienne s'efforce de surmonter les défis qui entravent l'acheminement de l'aide d'urgence à ceux qui en ont besoin.

L'opération, d'un coût de 57,8 millions de dollars, vise à fournir une aide alimentaire d'urgence à près de 400.000 personnes déplacées à l'intérieur du pays, dont un soutien nutritionnel spécialisé pour les nouvelles mères et enfants en bas âge, les plus exposés à un risque de perturbation de leur approvisionnement alimentaire.

« Le PAM a commencé à fournir de la nourriture aux personnes déplacées dans les premiers jours de la reprise des combats, et nous avons déjà aidé près de 100.000 personnes touchées par cette crise au Soudan du Sud depuis qu'elle a commencé à la mi-décembre » a déclaré la directrice du PAM pour l'Afrique centrale et orientale, Valérie Guarnieri, qui se trouvait à Juba.

« Mais pendant que nous et nos partenaires atteignons toujours plus de personnes chaque jour, nous faisons face à des difficultés pour atteindre certaines zones, et le pillage de la nourriture et d'autres fournitures dans nos locaux et entrepôts dans tout le pays, et plus récemment à Bentiu jeudi, complique considérablement nos efforts », a-t-elle ajouté.

Avec la poursuite des combats, les organisations humanitaires ont du mal à accéder à de nombreuses régions du Soudan du Sud. Les stocks alimentaires du PAM pré-positionnés dans près de 100 sites à travers le pays ont facilité les opérations de secours mais ces stocks ne sont pas en sécurité. Jusqu'à présent, le PAM estime que 10% des denrées alimentaires stockées dans le pays ont été pillés, soit assez pour nourrir près de 180.000 personnes pendant un mois.

Par ailleurs, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a annoncé lundi que le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, Ivan Simonovic, allait se rendre au Soudan du Sud du 14 au 17 janvier pour évaluer la situation des droits de l’homme dans le pays.


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