Soudan du Sud: Ban Ki-moon exhorte les deux parties à négocier sérieusement

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Photo ONU/Eskinder Debebe

10 janvier 2014 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a exhorté vendredi les deux parties en conflit au Soudan du Sud à négocier sérieusement et a appelé une nouvelle fois à un arrêt des hostilités.

« Je salue le début des pourparlers à Addis Abeba sur la crise au Soudan du Sud, dans le cadre d'un processus mené par l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) », a dit M. Ban lors d'une conférence de presse au siège des Nations Unies à New York. « Il ne doit pas y avoir de nouveaux retards pour arriver à un accord sur un arrêt des hostilités. »

L'IGAD est un groupement régional réunissant sept pays de l'Afrique de l'Est.

Le Secrétaire général de l'ONU a indiqué qu'il avait discuté jeudi au téléphone avec le Président sud-soudanais, Salva Kiir, et qu'il l'avait encouragé à libérer immédiatement les prisonniers politiques. « Le Soudan du Sud est à la croisée des chemins. Cette crise ne peut être réglée qu'à la table de négociations et j'appelle les deux parties à négocier sérieusement », a encore dit M. Ban.

De son côté, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a appelé vendredi les deux parties en conflit à ne pas entraver ses opérations et celles des acteurs humanitaires. Elle a exigé la fin des pillages qui ont visé plusieurs de ses entrepôts.

Jeudi, à l'issue de consultations du Conseil de sécurité sur la situation au Soudan du Sud, le Secrétaire général adjoint de l'ONU aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a indiqué à la presse que l'arrivée de la totalité des casques bleus envoyés en renfort pourrait prendre un peu plus de temps que prévu, soit entre quatre et huit semaines.

« Les priorités actuelles de l'ONU sont très claires : se concentrer sur la protection des civils, sur les droits de l'homme et aider nos collègues humanitaires à atteindre les populations » affectées, a-t-il dit.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a indiqué vendredi que la division droits de l'homme de la MINUSS enquêtait actuellement sur des allégations de violations graves des droits de l'homme qui auraient eu lieu à Juba et dans d'autres villes.

« La Haut-Commissaire aux droits de l'homme appelle toutes les parties à la retenue et leur rappelle leur responsabilité de protéger les civils et de respecter les vies innocentes », a dit le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève.

« Nous saluons les engagements récents à haut niveau à enquêter sur ces graves violations des droits de l'homme », a-t-il ajouté. « Ces enquêtes doivent être menées le plus rapidement possible », a encore dit M. Colville.

Dans une déclaration à la presse publiée vendredi, le Conseil de sécurité a réitéré sa demande au Président Salva Kiir, à l’ancien Vice-Président Riek Machar et aux autres responsables politiques de se mettre immédiatement d’accord sur un arrêt des hostilités.

Les membres du Conseil ont en particulier exhorté M. Machar à ne pas poser de conditions préalables à un accord sur l’arrêt des hostilités et ont demandé au Président Kiir de libérer tous les prisonniers politiques afin de créer un environnement favorable au dialogue.

Le Conseil de sécurité a également exigé « la fin immédiate de toutes les violations des droits de l’homme et a souligné que les responsables devront rendre des comptes. » Le Conseil a enfin souligné qu’il était important de mettre en oeuvre rapidement le renforcement des troupes de la MINUSS.


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