Soudan du Sud: la MINUSS s'inquiète de l'avancée de jeunes armés vers la ville de Bor

Des civils sud-soudanais fuient les violences et cherchent refuge dans une base de la MINUSS. MINUSS/Rolla Hinedi

30 décembre 2013 – La Mission de maintien de la paix des Nations Unies au Soudan du Sud a exprimé dimanche sa préoccupation alors que des informations font état de la marche de jeunes gens armés vers Bor, la capitale de l'Etat de Jonglei, appelant tous ceux qui exercent une influence sur eux à les convaincre de cesser immédiatement leur avancée et d'éviter une nouvelle escalade de la crise actuelle.

Dans un communiqué de presse, la MINUSS n'exclut pas la possibilité que ces jeunes puissent s'en prendre à des communautés. Elle effectue à l'heure actuelle une reconnaissance aérienne pour se faire une idée plus claire de leur nombre et de la direction qu'ils empruntent. Certains de ces jeunes auraient été localisés à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Bor, qui est en grande partie placée sous le contrôle des forces gouvernementales.

Le Soudan du Sud, qui a obtenu son indépendance après sa sécession du Soudan il y a deux ans, est aujourd'hui secoué par de violents affrontements interethniques. Plus d'un millier de personnes auraient été tuées et jusqu'à 180.000 autres déplacées depuis le début des combats le 15 décembre dernier, 75.000 d'entre elles ayant trouvé refuge dans les bases de l'ONU à travers tout le pays, notamment à Juba, Bor, Bentiu, Malakal et Pariang.

Les tensions dans la plus jeune nation du monde ont dégénéré en un conflit ouvert après les accusations lancées par le gouvernement du Président Salva Kiir, contre son rival, l'ancien Vice-Président Riek Machar, limogé en juillet, et auquel est attribuée une tentative présumée de coup d'état. M. Kiir appartient à l'ethnie Dinka et M. Machar à celle des Lou Nuer. Selon les médias, les jeunes qui se dirigent vers Bor seraient des fidèles de M. Machar.

La participation de ces jeunes gens armés aux violences actuelles ajouterait un « ingrédient explosif et imprévisible » supplémentaire à la situation sécuritaire déjà dangereuse qui prévaut dans le pays, exposant les civils non armés à des risques supplémentaires, a mis en garde la mission.

« Le Soudan du Sud n'a pas besoin d'une autre escalade de la crise entre jeunes armés, susceptible de dresser les communautés les unes contre les autres. Cela pourrait alimenter le cercle vicieux des violences », a prévenu la Représentante spéciale du Secrétaire général dans le pays et chef de la MINUSS, Hilde F. Johnson, qui s'efforce de mobiliser dirigeants politiques et leaders communautaires.

« La MINUSS appelle toutes les parties qui peuvent exercer une influence sur ces jeunes à les convaincre de cesser immédiatement leur avancée », ajoute le communiqué. « Afin d'éviter de nouvelles effusions de sang, ils doivent retourner dans leurs villes, villages et camps pour éviter une nouvelle escalade de la crise au Soudan du Sud. »

La Mission a également réitéré son appel au dialogue entre les représentants du gouvernement et ceux de M. Machar pour parvenir à une solution pacifique à la crise actuelle.

De son côté, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour le Soudan du Sud, Tony Lanzer, s'est rendu hier à Malakal, dans l'Etat du Haut-Nil pour évaluer la situation. Dans celui d'Unity, la situation autour de la capitale Bentiu reste calme quoique tendue. De violents combats ont été en revanche observés dans la ville de Mayom.

Outre un détachement de policiers arrivés au Soudan du Sud le 27 décembre, la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) a fourni des avions C-130 en appui logistique à la MINUSS. Une première unité de police est arrivée hier à Bor, afin d'assurer l'ordre dans la base de la Mission et y sécuriser les populations civiles réfugiées sur place.

Sur le plan humanitaire, les organismes d'aide ont été en mesure de fournir une assistance à près de 106.000 personnes déplacées, à l'intérieur comme à l'extérieur des sites de la MINUSS. Les organisations humanitaires restent toutefois préoccupées par l'accès des populations à une alimentation adéquate, aux soins de santé, à l'eau potable et à des sanitaires.

Elles ont besoin de toute urgence de 166 millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats des nécessiteux.


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