RCA: l'UNICEF se mobilise contre la malnutrition aigue des enfants centrafricains

Un centre de l’UNICEF à Bossangoa en République centrafricaine. Photo: OCHA/Laura Fultang

26 décembre 2013 – Les Nations Unies ont exprimé jeudi leur « extrême préoccupation » devant l'impact des récentes violences en République centrafricaine (RCA) sur les enfants du pays, qui sont de plus en plus nombreux à souffrir de malnutrition sévère, exposant une population déjà vulnérable à des risques supplémentaires.

Avant le début des violences qui ont éclaté au mois de décembre dans la capitale, Bangui, près d'un millier d'enfants enfants étaient traités pour malnutrition aiguë. A l'heure actuelle, à peine huit des 15 centres de nutrition de la ville sont opérationnels, affirme le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

« Environ la moitié des enfants sont de nouveau traités, ce qui en soi est remarquable, compte tenu de la situation actuelle, ces derniers et leurs familles étant éparpillées dans plus de 40 sites de déplacés », explique un spécialiste de la nutrition à l'UNICEF, Bonaventure Muhimfura.

« Mais nous devons faire plus. Il est crucial de rouvrir les centres de nutrition restants dès que possible […]. »

Alors que plus de 400 enfants sont de nouveau traités pour malnutrition aiguë sévère, l'UNICEF prévoit une augmentation significative du nombre d'admissions dans les centres dans les semaines à venir.

La République centrafricaine est plongée dans la tourmente depuis que les rebelles de l'ex-Séléka, majoritairement musulmans, ont lancé une offensive il y a un an, contraignant le Président François Bozizé à quitter le pouvoir en mars. Un gouvernement de transition a permis dans un premier temps de rétablir un semblant de paix, ouvrant la voie à de futures élections démocratiques. Mais le mouvement essentiellement chrétien des anti-Balaka a pris les armes et des affrontements interconfessionnels ont éclaté à Bangui début décembre.

La violence se poursuit dans la capitale, a déclaré aujourd'hui au micro de la Radio des Nations Unies le Représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Centrafrique (BINUCA), Babacar Gaye.

« Nous venons de passer ce que nous pourrions appeler un Noël tragique, avec de très nombreuses violences à travers toute la ville. Violences d'abord contre les soldats mandatés par le Conseil de sécurité, violences entre communautés et violences entre éléments armés des deux factions... Et cette situation a, malheureusement, provoqué des pertes de vie et des souffrances considérables. »

M. Gaye a ajouté que la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine, autorisée par l'ONU et soutenue par les troupes françaises, tentent de stabiliser la situation dans la capitale.

Les récentes violences ont entraîné le déplacement de près de 639.000 habitants à l'intérieur même du pays, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui affirme qu'ils sont 210.000 rien qu'à Bangui.

De son côté, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a déclaré aujourd'hui que près de 1,3 millions de personnes – plus de 40% de la population rurale du pays – ont besoin d'une aide de toute urgence. La production agricole a fortement décliné en raison du conflit et l'insécurité alimentaire risque d'avoir un impact sérieux sur l'état nutritionnel des enfants et des femmes, s'alarme l'agence.

Jusqu'à présent, en décembre, le Programme alimentaire mondial (PAM ) et ses partenaires ont distribué près de 500 tonnes de vivres à plus de 118.000 Centrafricains à Bangui. L'agence intensifie sa réponse afin de pouvoir fournir à plus d'un million de personnes une aide alimentaire vitale au cours des six prochains mois.


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