Soudan du Sud: alors que la MINUSS évacue une partie de son personnel, Ban demande la cessation des hostilités

Fuyant les violences, des civils sud-soudanais se dirigent vers la base de la MINUSS à Bor, capitale de l’état de Jonglei. Photo: MINUSS/Hailemichael Gebrekrstos

22 décembre 2013 – Tandis que les affrontements meurtriers entre factions militaires se poursuivent au Soudan du Sud, la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSS) a annoncé dimanche l'évacuation de son personnel de Juba, tandis que le Secrétaire général Ban Ki-moon a demandé aux dirigeants politiques et militaires de mettre fin aux hostilités et aux attaques ciblées contre des civils.

Dans un communiqué de presse publié dans la matinée, la MINUSS annonce que, par mesure de précaution, son personnel non-essentiel basé dans la capitale sud-soudanaise sera réinstallé dans la ville ougandaise d'Entebbe, jusqu'au retour de conditions de sécurité acceptables.

Hier, la MINUSS a déjà évacué tout le personnel civil restant de sa base de Bor, dans l'Etat de Jonglei, vers Juba. Parallèlement, la mission envisage de renforcer sa présence militaire à Bor et Pariang pour continuer de s'acquitter de son mandat de protection des civils.

« Nous n'abandonnons pas le Sud-Soudan. Nous resterons ici et allons continuer de travailler avec et pour le peuple du Sud–Soudan », a assuré la Représentante spéciale du Secrétaire générale pour le Soudan du Sud et chef de la MINUSS, Hilde Johnson.

La décision de réinstaller une partie du personnel intervient trois jours après l'attaque lancée contre une base de la Mission à Akobo, dans l'Etat troublé de Jonglei, où près de 2.000 assaillants lourdement armés ont tué 20 civils de l'ethnie Dinka et deux Casques bleus des Nations Unies. Un autre Casque bleu a été blessé au cours de l'incident. A l'issue de cette attaque, les assaillants, soupçonnés d'être issus de la communauté Lour Nuer, se sont enfuis avec des armes, des munitions et d'autres articles pillés sur place.

« A tous ceux qui veulent nous menacer, nous attaquer ou nous mettre des bâtons dans les roues, notre message est clair: nous ne laisserons pas intimider », a prévenu Mme Johnson.

« L'Organisation des Nations Unies a pris la décision de réinstaller son personnel, mais la MINUSS continue de fournir une assistance et un abri à plus de 20.000 civils à l'intérieur de ses locaux de Juba », précise le communiqué.

Le personnel non-essentiel de la MINUSS basé à Bentiu, dans l'État d'Unity, devait également être réinstallé plus tard aujourd'hui, parallèlement à l'arrivée de renforts militaires.

Exprimant sa grave préoccupation devant la situation actuelle, le Secrétaire général Ban Ki-moon a exigé la cessation des hostilités.

« J'appelle le Président Salva Kiir et les dirigeants de l'opposition politique, notamment l'ex-Vice-Président Riek Machar, à se rendre à la table des négociations pour trouver une issue politique à cette crise », a déclaré le chef de l'ONU au début de la conférence de presse qu'il a donnée à Manille, où il s'est rendu afin de réaffirmer le soutien de l'ONU aux Philippines après le passage du typhon Haiyan.

M. Ban a estimé que les leaders de la plus jeune nation du monde avaient une responsabilité vis-à-vis de leur peuple pour sortir de la crise et trouver les moyens politiques de surmonter leurs divergences de vues.

Selon les médias, les affrontements meurtriers se multiplient dans le pays depuis le week-end dernier, à la suite d'une tentative de coup d'état présumée menée par des soldats fidèles à l'ancien Vice-Président, limogé en juillet, contre le gouvernement du Président Kiir.

Il a donc réitéré son appel aux acteurs politiques du pays pour qu'ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour s'assurer que leurs partisans entendent le message « ferme et clair » que la poursuite de la violence, qu'elle soit motivée par des considérations ethniques ou autres, est totalement inacceptable et constitue une menace dangereuse pour l'avenir de leur pays.

Le Secrétaire général a ajouté que l'ONU faisait de son mieux pour assurer une médiation, soulignant que de hauts fonctionnaires avaient été dépêchés à Juba.

« Et je crois comprendre que l'Union africaine a également envoyé sa propre équipe. Les ministres des Affaires étrangères des cinq pays de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) sont également sur le terrain, où ils sont en contact avec les deux parties », a-t-il relevé.

S'agissant des efforts visant à protéger les civils vulnérables, M. Ban a dit que l'Organisation réfléchissait à la possibilité de détacher des personnels d'autres opérations de maintien de la paix, comme par exemple la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

« Et nous recherchons aussi le soutien d'autres pays clés qui pourraient fournir les moyens nécessaires. Nous manquons de capacités », a prévenu le Secrétaire général.


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