Soudan du Sud : l'ONU condamne le meurtre de deux Casques bleus et de 20 civils dans une base de la MINUSS

Des Casques bleus de la MINUSS fournissent une assistance à des civils déplacés au Soudan du Sud. Photo: MINUSS

20 décembre 2013 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a condamné vendredi dans les termes les plus forts l'attaque menée par des éléments armés contre la base de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) d'Akobo, dans l'état du Jonglei, le 19 décembre. Tandis que la base était envahie par environ 2000 hommes en armes, deux Casques bleus indiens ont été tués et un autre a été blessé alors qu'il protégeait des civils. Au moins 20 civils sud-soudanais, qui cherchaient refuge dans la base la Mission, ont également été tués.

« Le Secrétaire général exprime ses condoléances aux familles des Casques bleus tués ainsi qu'au Gouvernement indien. Il adresse également ses condoléances aux familles des Sud-Soudanais tués hier », a indiqué le porte-parole de M Ban dans un communiqué de presse.

« Ban Ki-moon réitère son appel à toutes les parties à faire preuve de retenue et à cesser les hostilités. Il appelle également les dirigeants du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM) à faire preuve de d'esprit de compromis et de leadership au nom du peuple sud-soudanais, et à régler immédiatement leurs différends personnel par le dialogue », a-t-il ajouté.

Dans une déclaration présidentielle, le Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, l'Ambassadeur Gérard Araud, de la France, a indiqué que les membres du Conseil ont eux-aussi vigoureusement condamné vendredi l'attaque et adressé leurs condoléances aux familles des Casques bleus tués, ainsi qu'au Gouvernement indien et à la MINUSS, et exhorté le Gouvernement du Soudan du Sud à ouvrir sans délai une enquête afin que les responsables soient traduits en justice.

« Les membres du Conseil ont condamné les violations des droits de l'homme et les exactions commises par toutes les parties, qu'il s'agisse de groupes armés ou des forces de sécurité nationales, et souligné que ceux qui ont commis des violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme doivent être amenés à rendre compte de leurs actes », a déclaré M. Araud.

En exprimant leur vive préoccupation concernant les attaques dont font l'objet les populations civiles et par l'augmentation du nombre de personnes déplacées, les membres du Conseil de sécurité ont appelé les parties prenantes à permettre l'accès rapide et sans entraves aux agences pour apporter une assistance aux populations civiles.

« Les membres du Conseil ont réaffirmé leur attachement sans faille à la souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et à l'intégrité territoriale de la République du Soudan du Sud. Ils ont appelé les principaux responsables concernés à assurer leurs responsabilités individuelles vis à vis du peuple sud-soudanais et de faire tout leur possible pour répondre aux aspirations des populations », a expliqué M. Araud.

Tout en soulignant que toutes les parties devaient renoncer à la violence, sous toutes ses formes, et résoudre leurs différends de manière pacifique, les membres du Conseil ont demandé au Président Salva Kiir et à l'ancien Vice-Président Riek Machar d'assumer leurs responsabilités et de lancer un appel à la cessation des hostilités et à l'ouverture immédiate du dialogue afin de permettre un règlement rapide et pacifique de cette crise.

Les membres du Conseil ont demandé à tous les États concernés et à toutes les organisations compétentes d'user de leur influence auprès des dirigeants politiques du Soudan du Sud pour mettre un terme à la violence et engager la réconciliation.

À cet égard, les membres du Conseil se sont félicités de l'initiative rapide prise par l'IGAD, avec l'appui de l'ONU et de l'Union africaine, pour servir d'intermédiaire entre les dirigeants du pays et les amener à la table des négociations. Ils ont vivement encouragé toutes les parties à coopérer à cette initiative.

De son côté, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud, Hilde Johnson, a condamné l'attaque contre les Casques bleus qui se trouvaient à Akobo pour protéger les civils et servir le peuple du Sud-Soudan.

« Il s'agit d'un acte criminel et les auteurs doivent être tenus responsables. Cette attaque ne nous empêchera pas de poursuivre notre travail et de nous acquitter de notre mandat », a affirmé Mme Johnson en expliquant que les corps des deux Casques bleus tués, qui appartenaient au bataillon indien de la Mission, ont été transportés vers la capitale Juba. Le soldat du bataillon blessé lors de l'attaque continue de recevoir des soins médicaux dans la base de la MINUSS à Malakal.


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