Soudan du Sud: l'ONU demande l'ouverture d'un dialogue après les affrontements meurtriers de ces derniers jours

Des civils sud-soudanais fuient les violences et cherchent refuge dans une base de la MINUSS. MINUSS/Rolla Hinedi

18 décembre 2013 – Alors que se poursuivent les combats au Soudan du Sud, le Secrétaire général Ban Ki-moon a tendu la main aux principaux dirigeants de la région en quête d'une issue politique à la crise.

M. Ban a déclaré aux journalistes à New York que la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) vérifie actuellement les informations faisant état de nombreux tués et blessés dans les combats entre factions rivales, qui ont contraint par ailleurs des milliers de civils à fuir.

D'après les médias, des centaines de personnes ont été tuées ce weekend dans le cadre d'affrontements entre membres des forces nationales – l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) –, après l'annonce par le gouvernement d'une tentative de coup d'Etat par des soldats fidèles à l'ancien Vice-Président Reik Machar, limogé en juillet.

La MINUSS a fait part aujourd'hui d'une « amélioration sensible » des conditions de sécurité dans une grande partie de la capitale, Juba. La mission a levé les restrictions à la circulation de ses personnels et repris des patrouilles sur une base limitée dans la ville elle-même tout en rétablissant les dessertes aériennes vers Entebbe, en Ouganda.

« La vie dans le centre-ville a repris un cours à peu près normal. La sécurité des civils dans la capitale demeure toutefois une préoccupation, en particulier à la périphérie de la ville », précise la Mission dans un communiqué de presse.

Parallèlement, les conditions de sécurité à Bor, la capitale de l'État de Jonglei, se sont considérablement détériorées en cours de journée, avec de violents combats dans la matinée, provoquant l'exode de civils, des milliers d'entre eux ayant cherché refuge dans l'enceinte de la MINUSS, située à la périphérie de la ville.

M. Ban a appelé le gouvernement à coopérer pleinement avec la MINUSS – qui accueille près de 20.000 civils dans ses deux complexes de Juba – dans l'exercice de son mandat de protection des civils, y compris en offrant des secours et en menant des enquêtes sur les violations présumés des droits humains de ces derniers jours.

Le Secrétaire général a rappelé qu'il s'était entretenu hier avec le Président sud-soudanais Salva Kiir, pour lui demander de faire tout son possible pour mettre fin à la violence et garantir le respect des droits de l'homme et la primauté du droit . « Je lui ai également souligné la nécessité de reprendre le dialogue avec l'opposition politique », se félicitant des informations selon lesquelles le Président est ouvert à des négociations.

Le chef de l'ONU a également parlé de cette situation désastreuse avec le président ougandais Yoweri Museveni, « en raison de son rôle de leader régional ».

« Il s'agit d'une crise politique, qui doit être résolue de toute urgence par un dialogue politique. Il existe un risque de voir cette violence se propager à d'autres pays et certains signes vont en ce sens », s'est alarmé le Secrétaire général.

De son côté, la Représentante spéciale du Secrétaire général et chef de la MINUSS, Hilde Johnson, est en contact permanent avec le gouvernement et les parties qui ont une influence sur ces questions. Elle devait s'entretenir aujourd'hui avec le Président Kiir.

« Nous appelons le gouvernement du Sud-Soudan à faire tout son possible pour mettre fin à toute violence et à veiller à ce que tous les civils se sentent en sécurité en ville, indépendamment de leur communauté d'origine », a déclaré Mme Johnson. « Cela va également permettre aux civils réfugiés à la MINUSS de rentrer chez eux. »


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