Le Conseil de sécurité se penche sur l'ampleur du trafic de stupéfiants en Afrique de l'Ouest et au Sahel

Séance du Conseil de sécurité. Photo: ONU/Mark Garten

18 décembre 2013 – Préoccupé par les multiples menaces posées par la criminalité transnationale organisée, le Secrétaire général Ban Ki-moon a affirmé mercredi que la valeur marchande de la cocaïne transitant chaque année par l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, véritables plaques tournantes, est estimée à 1,25 milliard de dollars.

Devant le Conseil de sécurité, qui organisait aujourd'hui une réunion de haut niveau sur la lutte contre le trafic de drogue dans cette région, le patron de l'ONU s'est alarmé de constater que la région, qui compte plus d'un million de toxicomanes, « n'est plus seulement une voie de transit, mais est devenue une destination pour les drogues » en provenance d'Amérique du Sud. « Une hausse de la consommation qui aggrave davantage une situation déjà délicate en matière de santé publique et menace le développement économique et social de l'Afrique de l'Ouest. »

Selon le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, près de 33 tonnes de cocaïne ont transité par l'Afrique de l'Ouest en 2010, dont 18 à destination de l'Europe pour une valeur marchande d'environ 1, 25 milliards de dollars. Le rapport 2013 de l'ONUDC sur les stupéfiants dans le monde confirme l'ampleur du trafic dans la sous-région, auxquels s'ajoutent la traite des personnes, le trafic d'armes à feu, de cigarettes et de carburant, ainsi que la piraterie dans le golfe de Guinée.

Plaidant pour de nouveaux « partenariats transatlantiques » combinant les efforts de l'Amérique latine, de l'Afrique de l'Ouest et de l'Europe, le Secrétaire général a appelé au renforcement de la coopération afin d'aider les pays ouest-africains à affermir leurs capacités en matière de sécurité et de lutte contre le blanchiment d'argent et la contrebande d'armes.

« Nous avons besoin avant tout d'une approche coordonnée », a martelé M. Ban, pour qui la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel est l'instrument de choix pour orienter efficacement l'action des pays, dans le respect des droits de l'homme. Selon lui, la problématique de la criminalité transnationale organisée doit être débattue de manière approfondie dans le cadre de la définition du programme de développement des Nations Unies post-2015.

« Notre objectif, a-t-il souligné, est de libérer les citoyens du fardeau du crime mais également des conditions propices à l'éclosion du crime », ce qui implique de mobiliser des moyens pour s'attaquer à la corruption, à la pauvreté et au manque de services de base, a assuré le Secrétaire général avant de conclure.

À cet égard, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest, Said Djinnit, s'est félicité de l'intensification de la mobilisation des acteurs de la région face à ce fléau, en rappelant que son Bureau, aux côtés de l'ONUDC, avaient appuyé les efforts de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour l'adoption d'un Plan d'action régional en la matière en 2008, qui a été étendu jusqu'à la fin 2014.

« Le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest continuera d'appuyer les initiatives régionales et d'attirer l'attention des dirigeants de la région sur les menaces posées par le trafic de drogues et la criminalité transnationale organisée », a-t-il assuré, rappelant que les organisations criminelles disposaient parfois dotées de moyens plus importants que les institutions nationales qui sont chargées de les combattre.

Pour sa part, M. Fedotov a déclaré que les fonds dégagés par leurs activités illicites permettraient aux organisations criminelles de soutenir leurs opérations et éventuellement d'appuyer les activités terroristes dans la région, avec des conséquences inévitables sur les efforts déployés pour la sécurité et le développement de la région.

Saluant les initiatives lancées au niveau international, le chef de l'ONUDC a expliqué qu'à travers son Programme régional, l'organisation qu'il dirige soutient les pays d'Afrique de l'Ouest, dans le cadre d'un large éventail de projets régionaux, sous-régionaux et nationaux.


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