A l'approche de la présidentielle de 2014, l'Afghanistan sur la voie de la stabilité, selon Jan Kubis

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan, Ján Kubis, au Conseil de sécurité. Photo: ONU/Eskinder Debebe

17 décembre 2013 – Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afghanistan a estimé mardi que les éléments fondamentaux pour renforcer la stabilité du pays et de la région étaient en voie de consolidation, à quelques mois de la présidentielle de 2014.

L'approbation, par une loya jirga constitutionnelle, de l'accord de sécurité bilatéral avec les États-Unis a exacerbé les attentes entourant la finalisation de ce document jugé crucial pour un partenariat à long terme avec l'Afghanistan, a affirmé Jan Kubis aux membres du Conseil de sécurité, auxquels il est venu présenter le dernier rapport en date du Secrétaire général.

« L'élection présidentielle de 2014 marquera une transition politique historique », a souligné le Chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), qui a précisé que les préparatifs techniques de ce scrutin étaient bien avancés. Il s'est en particulier félicité de la mise en place de trois organes concourant à la supervision du processus électoral.

Le nombre de candidats (11 pour la présidence et 2.713 pour les conseils provinciaux) et la délivrance de plus de 3,2 millions de nouvelles cartes d'électeur – dont un tiers à des femmes – manifestent l'intérêt ressenti tant au niveau politique qu'au sein de la population, a affirmé M. Kubis.

Le Représentant spécial a toutefois reconnu les défis posés sur le plan sécuritaire par l'organisation de ces élections, plaidant pour la mise en place de mesures de renforcement de la confiance parmi les électeurs. Il a ensuite salué les efforts des candidats pour parvenir à un accord sur des « règles du jeu », soulignant qu'un processus électoral légitime est dans l'intérêt de tous.

Une bonne coopération régionale est l'élément clef pour la future stabilité de l'Afghanistan et des pays voisins, a poursuivi le Chef de la MANUA, qui a salué à cet égard l'intensification du dialogue entre l'Afghanistan et le Pakistan. « Les récentes visites de haut niveau témoignent, a-t-il assuré, de la volonté des deux pays d'instaurer la confiance et la coopération dans tous les domaines d'intérêts mutuels.» Il a indiqué qu'il y avait désormais un large consensus parmi les pays de la région pour voir dans les solutions politiques les seules à pouvoir ramener la paix et la stabilité. La promotion d'un environnement propice à la paix et à un soutien aux pourparlers directs de paix entre le gouvernement afghan et les éléments antigouvernementaux demeure essentielle, a-t-il estimé.

M. Kubis a mis l'accent sur le potentiel du Processus d'Istanbul, en précisant que l'engagement politique des pays de la région devrait désormais se traduire par des mesures concrètes visant à rétablir la confiance. Les progrès enregistrés concernant le programme nucléaire iranien sont suivis à Kaboul avec beaucoup d'attention et pourraient contribuer à créer un environnement plus propice pour la paix et la stabilité en Afghanistan et dans la région, a-t-il déclaré.

Il a ensuite mis en garde contre l'instabilité qui pourrait résulter d'un vide politique après 2014, un vide qui pourrait encourager les activités terroristes liées au réseau Al-Qaïda et les activités criminelles. La culture du pavot a atteint un niveau sans précédent en Afghanistan, avec des conséquences négatives pour la santé publique et la sécurité régionale et la communauté internationale. M. Kubis a également cité l'intensification du conflit dans les provinces de l'ouest et du nord qui étaient auparavant relativement calmes. « Face à ces défis, j'ai été impressionné par le calme et les réponses mesurées des partenaires régionaux de l'Afghanistan », a-t-il affirmé, en citant une récente réunion au Tadjikistan de hauts responsables régionaux de la lutte contre les stupéfiants.

« Entre le 16 août et la fin novembre, la MANUA a enregistré 2.730 civils tués et 5.169 autres blessés, soit une augmentation de 10 % par rapport à la même période en 2012 », a-t-il relevé. Les groupes d'opposition, a-t-il dit, sont responsables de la vaste majorité des victimes parmi la population civile. Les forces de sécurité afghanes, qui ont la responsabilité principale de la sécurité dans le pays, doivent agir avec plus de professionnalisme, a insisté M. Kubis.

Le patron de la MANUA a souligné les défis que constituent la corruption rampante et la pauvreté endémique dans le pays. Il a aussi condamné avec fermeté la recrudescence des incidents visant le personnel humanitaire dans le pays, dont le nombre a atteint 237 en 2013. Concernant le cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo, il a souligné l'importance de la bonne mise en œuvre de la loi visant l'élimination des violences faites aux femmes, tout en déplorant que les poursuites contre les auteurs de telles violences ne soient pas menées avec plus de diligence.

Pour ce qui est du rôle futur de la MANUA, M. Kubis a jugé crucial de faire une place plus grande aux domaines où une action politique intégrée des Nations Unies peut contribuer utilement à la transformation de l'Afghanistan après 2014, à savoir les bons offices destinés à appuyer les processus politiques menés par l'Afghanistan et le suivi et la promotion des questions relatives aux droits de l'homme. Une attention particulière doit être accordée aux droits des femmes et des enfants, a-t-il rappelé. « Les Nations Unies en Afghanistan restent engagées en faveur d'un partenariat de long terme avec le pays », a assuré le chef de la Mission.


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