RCA: Ban Ki-moon lance un appel à l'unité entre musulmans et chrétiens et réaffirme le soutien de l'ONU

13 décembre 2013 – Dans un message radiophonique adressé au peuple de la République centrafricaine (RCA), le Secrétaire général de l'ONU a demandé vendredi aux dirigeants religieux et aux responsables locaux – musulmans ou chrétiens – « de se faire messagers de la paix » et de ne pas laisser les auteurs de violences « diviser ce qui était uni ».

« Je demande aux autorités de transition de protéger les populations et de prévenir de nouveaux conflits. Et pour tous ceux qui voudraient commettre des atrocités ou des crimes contre l'humanité, j'ai un message clair : le monde vous observe et vous aurez à répondre de vos actes », a lancé Ban Ki-moon.

Les combats qui secouent actuellement la capitale Bangui et d'autres villes de RCA comme Bossangoa opposent des éléments de l'ex-Séléka et des « anti-balaka ». Constituée en août 2012, la Séléka était une coalition de partis politiques et de forces rebelles opposés au Président François Bozizé, qu'elle a contraint à quitter le pouvoir en avril 2013. À l'origine des groupes d'autodéfense, les anti-balaka se sont ligués contre les miliciens de la Séléka, après les exactions commises par ces derniers à travers tout le pays. Ils sont issus d'une population centrafricaine à 80% chrétienne, alors que la Séléka est principalement composée de musulmans.

« L'Organisation […] est résolue à aider votre pays à surmonter cette crise », poursuit le chef de l'ONU. « Vous n'êtes pas seuls et nous ne vous abandonnerons pas. Des troupes africaines et françaises sont déjà déployées sur le terrain […]. D'autres contingents viendront bientôt les renforcer pour aider à rétablir l'ordre. Nous nous employons à fournir des vivres, des abris et des médicaments. »

Une tâche difficile, comme le rappelle aujourd'hui le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). « Nous appelons de nouveau toutes les parties à ménager un accès à l'aide humanitaire pour les personnes déplacées et à protéger les civils », a indiqué un porte-parole du HCR lors d'une conférence de presse donnée à Genève.

De nombreuses informations font état de violences aveugles contre les civils, de recrutement d'enfants-soldats, de violences sexuelles à l'encontre des femmes, de pillages et de déprédations en tout genre.

Dans la capitale Bangui, les combats et les violences interconfessionnelles de la semaine dernière ont déplacé environ 159.000 personnes et fait 450 morts dans la capitale et 160 autres dans le reste du pays, selon la Société de la Croix-Rouge centrafricaine et le Conseil danois pour les réfugiés, présents sur le terrain.

38.000 personnes se sont réfugiées à l'aéroport de Bangui, où il n'y a ni latrines, ni installations sanitaires, ni abris contre les intempéries. « Les conditions sur place et ailleurs se détériorent », a prévenu le porte-parole.

Près de 12.000 autres se sont réfugiées dans l'enceinte de l'église Saint-Joseph de la capitale, qui compte seulement un point d'eau. « La jeunesse locale a creusé des latrines et le HCR a fourni des bâches en plastique pour créer des espaces privatifs et d'autres où les gens peuvent se laver. Cependant, les personnes ont d'urgence besoin de vivres, d'abri, de savon et d'autres articles essentiels », a indiqué le porte-parole.

Une indication supplémentaire des troubles qui secouent la RCA, c'est la hausse, au cours de la semaine écoulée, du nombre de personnes dans les pays voisins. La RDC a vu arriver près de 1.800 réfugiés principalement depuis Bangui, dont 1.457 à Zongo et plus de 300 à Libenge. Avec ces nouveaux arrivants, on compte désormais environ 47.000 réfugiés centrafricains en RDC.

La République du Congo enregistre également de nouveaux arrivants et compte désormais plus de 10.500 ressortissants centrafricains. En tout, la crise en République centrafricaine a poussé cette année plus de 70.000 réfugiés à rejoindre des pays voisins.


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