L'augmentation marquée du cancer chez la femme dans le monde exige des réponses, exhorte l'OMS

Un panneau de signalisation à l’Institut de cancérologie d’Ocen Road, à Dar es Salaam, en Tanzanie, qui indique les différents services de ce centre hospitalier. Photo: OMS/Chris de Bode

12 décembre 2013 –

Les dernières données sur l'incidence, la mortalité et la prévalence du cancer dans le monde, publiées jeudi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), concluent à 14,1 millions de nouveaux cas de cancer en 2012, et à 8,2 millions de décès provoqués par cette maladie. En 2008, le nombre de cas de cancer était de 12,7 millions et celui de décès liés à cette maladie de 7,6 millions.

Etablie par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), qui dépend de l'OMS, la base de données GLOBOCAN 2012 fournit les estimations les plus récentes pour 28 types de cancers dans 184 pays.

Les cancers les plus fréquemment diagnostiqués dans le monde sont ceux du poumon, du sein et le cancer colorectal. Les causes les plus fréquentes de décès étaient les cancers du poumon (1,6 million de décès, 19,4% du total), du foie (0,8 million, 9,1%) et de l'estomac (0,7 million, ou 8,8%).

Les projections anticipent une augmentation substantielle de 19,3 millions de nouveaux cas de cancer par an d'ici à 2025 en raison de la croissance démographique et du vieillissement de la population mondiale. Plus de la moitié de tous les cancers et des décès par cancer en 2012 ont été enregistrés dans les régions les moins développées du monde et ces proportions augmenteront encore d'ici à 2025.

L'une des tendances les plus remarquables, c'est la multiplication du nombre de cancers chez les femmes, qui confirme qu'au niveau mondial, la priorité doit être accordée aux mesures de prévention et de lutte contre les cancers du sein et du col utérin.

Chaque année, 1,7 million d'entre elles ont un diagnostic de cancer du sein et rien qu'en 2012, 6,3 millions de femmes vivaient avec un cancer du sein diagnostiqué au cours des cinq années précédentes. Depuis les dernières estimations pour 2008, l'incidence a augmenté de plus de 20%, et la mortalité de 14%. Le cancer du sein est la cause la plus fréquente.

« Le cancer du sein est aussi l'une des principales causes de décès par cancer dans les pays les moins développés. C'est en partie parce que l'évolution des modes de vie est à l'origine d'une augmentation de l'incidence, mais aussi en partie parce que les progrès cliniques enregistrés contre la maladie ne profitent pas aux femmes vivant dans ces régions », explique le Dr Forman, Chef de la Section Données du cancer au CIRC.

Les tendances mondiales montrent plus généralement que dans les pays en développement en transition sociétale et économique rapide, la transition vers un mode de vie typique des pays industrialisés conduit à un fardeau croissant des cancers associés à des facteurs de risque génésiques, alimentaires et hormonaux.

Bien que l'incidence soit en augmentation dans la plupart des régions du monde, il y a d'énormes inégalités entre pays riches et pays pauvres, relève le CIRC. Les taux d'incidence demeurent les plus élevés dans les régions les plus développées, mais la mortalité est beaucoup plus élevée relativement dans les pays pauvres, faute de détection précoce et d'accès aux traitements.

En Europe occidentale, par exemple, l'incidence du cancer du sein est supérieure à 90 nouveaux cas pour 100 000 femmes par an, par rapport à 30 pour 100 000 en Afrique de l'Est. En revanche, les taux de mortalité dans ces deux régions sont presque identiques à environ 15 pour 100 000, ce qui pointe clairement le diagnostic tardif et une survie beaucoup moins bonne en Afrique de l'Est.

« Il est aujourd'hui urgent, pour mieux lutter contre le cancer, de développer des approches efficaces et abordables pour la détection précoce, le diagnostic et le traitement du cancer du sein chez les femmes vivant dans les pays les moins développés du monde », explique le Dr Christopher Wild, Directeur du CIRC. « Il est primordial que les progrès réalisés ces dernières années dans les régions les plus développées du monde soient mis en oeuvre pour faire reculer la morbidité et la mortalité. »

Avec plus d'un demi-million de nouveaux cas chaque année, le cancer du col utérin est le quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde, après les cancers du sein, colorectal et du poumon, notamment dans les pays à faibles ressources de l'Afrique subsaharienne. Il est également la quatrième cause la plus fréquente de décès par cancer (266 .décès en 2012) chez les femmes dans le monde. En effet, près de 70% du fardeau mondial pèse sur les régions à faible développement, l'Inde hébergeant plus d'un cinquième de tous les nouveaux cas diagnostiqués.

« Le cancer du col, qui affecte les femmes dans leur jeunesse, peut avoir des effets catastrophiques avec un coût humain, social et économique très élevé. Mais cette maladie ne doit pas être une condamnation à mort, même dans les pays pauvres », explique le Dr Rengaswamy Sankaranarayanan, chercheur principal d'un projet de recherche du CIRC sur le dépistage du cancer du col en Inde rurale. « Des outils de dépistage peu coûteux et de faible technicité existent aujourd'hui, qui pourraient réduire sensiblement le fardeau des décès par cancer du col dans les pays les moins développés », a-t-il ajouté.


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