Le recours accru au dialogue politique en Somalie, une raison de nourrir l'espoir, affirme le Représentant spécial

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Somalie, Nicolas Kay. Photo: AU/UN/IST/Tobin Jones

10 décembre 2013 – Le plus haut fonctionnaire des Nations Unies en Somalie a affirmé mardi devant le Conseil de sécurité que la manière dont les institutions somaliennes avaient répondu aux crises de ces trois derniers mois dans le pays permettait de nourrir l'espoir.

« Aucune de ces crises ne s'est développée de manière catastrophique comme certains pessimistes l'avaient prédit », a fait observer le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, Nicholas Kay, par vidéoconférence depuis Mogadiscio.

M. Kay, qui est également Chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM), a indiqué que la Somalie recourait, de plus en plus, au dialogue politique pour régler les difficultés. Il s'est, en particulier, félicité de ce que la récente motion de censure contre le Premier Ministre, Abdi Farah Shirdon, ait été adoptée sans effusion de sang.

« Dans la Somalie d'aujourd'hui, les différends se règlent par le débat et le vote », s'est-il félicité.

Dans le rapport qu'a présenté M. Kay aux membres du Conseil, le Secrétaire général estime que la consolidation des institutions somaliennes est bien avancée, évoquant « l'aube d'une nouvelle ère » à Mogadiscio. Il relève également que le partenariat de la communauté internationale s'avère essentiel en cette période d'espoir et d'optimisme.

Ainsi, après la démission de Yussur Abrar, le gouverneur de la Banque centrale, autre crise à laquelle le pays était confronté, le Représentant spécial a indiqué que le Président Hassan Sheick Mohamoud avait réagi de manière rapide et décisive en nommant, dès le 27 novembre, Bashir Isse Ali comme gouverneur intérimaire. La résolution de cette crise devrait permettre une meilleure gestion du secteur financier en rétablissant la confiance parmi les Somaliens et les donateurs internationaux, a estimé M. Kay.

Toutefois, des défis de longue haleine continuent de se poser, a reconu le Chef de la MANUSOM, qui a rappelé l'importance de promouvoir la réconciliation aux niveaux national et régional et de réduire le nombre des régions, qui est actuellement de 18. La mise en place d'un système fédéral est en cours mais a besoin d'être accéléré, a-t-il dit, en précisant qu'un accord global était nécessaire pour déterminer le partage des pouvoirs et des ressources.

Quant aux élections nationales de 2016, les toutes premières à être organisées depuis 50 ans, M. Kay a indiqué que leur planification technique et conceptuelle avait commencé. Cette planification doit se faire étape par étape, a-t-il préconisé, avant d'appeler à la finalisation de la nouvelle constitution.

Sur le front de la lutte antiterroriste, le Représentant spécial a estimé que « l'épouvantable » attaque contre le centre commercial de Westgate à Nairobi, au Kenya, en septembre dernier, avait galvanisé la communauté internationale dans son soutien à la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) et aux forces somaliennes contre le groupe Al-Chabab.

Les préparatifs pour lancer une nouvelle offensive contre ces militants islamistes dans les territoires qu'ils contrôlent ont bien progressé, a assuré M. Kay qui s'est félicité de l'intention de l'Éthiopie de fournir une partie des troupes supplémentaires à l'AMISOM. Il a exhorté les États membres de l'Union africaine à fournir les hélicoptères qui font encore défaut à la Mission, en rappelant que l'ONU avait approuvé le financement de 12 de ces appareils.

En ce qui concerne l'appui fourni par la MANUSOM, M. Kay a déclaré que la Mission veillait à ce que le soutien apporté à l'AMISOM et aux forces somaliennes soit bien conforme à la politique de diligence voulue par le Secrétaire général en matière des droits de l'homme.

Les activités des Nations Unies, a-t-il encore noté, seront considérablement facilitées lorsque les institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies réintègreront leurs locaux à Mogadiscio, au cours des prochaines semaines.

Les conditions de travail, a reconnu le Représentant spécial, restent difficiles dans la capitale somalienne. M. Kay a rappelé à ce propos que le Conseil de sécurité demande que des propositions détaillées sur le déploiement de l'unité chargée d'assurer la sécurité de la MANUSOM lui soient présentées. Elle devrait être dotée d'un effectif de 410 personnes.


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