Le Secrétaire général préoccupé par la flambée de violences interconfessionnelles en RCA

Des femmes et des enfants à Bossangoa, en République centrafricaine. Photo: HCR/Boris Heger

6 décembre 2013 – Au lendemain de l'adoption, par le Conseil de sécurité, de la résolution 2127, le Secrétaire général Ban Ki-moon s'est déclaré « profondément inquiet » des informations faisant état d'une montée des violences intercommunautaires en République centrafricaine (RCA).

« Les dernières nouvelles du terrain sont très inquiétantes et indiquent une aggravation du conflit entre les communautés musulmane et chrétienne et les groupes armés, avec des conséquences tragiques. Suite à l'attaque qui a été perpétrée hier à Bangui, la mission politique des Nations Unies dans le pays, le BINUCA, signalent que les tueries se sont poursuivies au cours de la nuit », indique une déclaration du porte-parole de M. Ban.

D'anciens éléments de la Séléka et des anti-Balaka auraient pillé des habitations et tué des adultes et des enfants. Des centaines de maisons auraient été brûlées à Bossangoa après l'échec d'une offensive lancée par des anti-Balaka.

Constituée en août 2012, la Séléka était une coalition de partis politiques et de forces rebelles opposés au Président François Bozizé, qu'elle a contraint à quitter le pouvoir en avril 2013. À l'origine des groupes d'autodéfense, les anti-balaka se sont ligués contre les miliciens de la Séléka, après les exactions commises par ces derniers dans le pays. Ils sont issus d'une population centrafricaine à 80% chrétienne, alors que la Séléka est principalement formée de musulmans.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme (HCR), au moins 140 civils ont été tués lors de nouvelles attaques hier à Bangui.

« Ce cycle terrifiant de violence et de représailles doit cesser immédiatement », implore le Secrétaire général, qui appelle urgemment toutes les parties à la retenue et à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour maîtriser ceux qui fomentent et commettent des actes de violence.

Pour sa part, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a exprimé sa vive préoccupation devant la détérioration de la situation humanitaire dans le pays, où les violences sont à l'origine de vagues de déplacements.

« J'appelle toutes les parties concernées à assurer la protection et la sécurité des civils et à respecter leurs obligations au titre du droit international humanitaire et des droits de l'homme. Elles doivent ménager un accès sans entraves aux organisations humanitaires », déclare Mme Amos dans un communiqué de presse.

Jusqu'à hier, la moitié de la population centrafricaine – 2.3 millions de personnes – avait besoin d'aide humanitaire. Près de 415.000 d'entre elles étaient déjà déplacées et 1.3 million avait besoin d'une aide alimentaire d'urgence. La crise a provoqué la fuite de plus de 68.000 Centrafricains dans d'autres pays de la région depuis décembre 2012.

« En dépit d'une insécurité persistante, les Nations Unies et leurs partenaires humanitaires intensifient leurs activités et fournissent abris, eau potable, assistance sanitaire, vivres et services de santé aux familles déplacées à travers le pays. Nous renforçons également les efforts de coordination sur les plans civils et militaire, tout en soutenant les initiatives de réconciliation », rappelle Mme Amos.


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