Côte d'Ivoire: l'ONU demande l'ouverture d'enquêtes sur des crimes commis par les Dozos

Des passants saluent un Dozo stationné sur sa moto. Photo: IRIN/Nancy Palus

6 décembre 2013 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a publié vendredi un rapport des Nations Unies sur les graves violations de droits de l'homme commises par les Dozos, des chasseurs traditionnels de la Côte d'Ivoire, appelant à l'ouverture d'enquêtes.

Publié par l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et le HCDH, le rapportdocumente des meurtres, des exécutions sommaires, des arrestations et détentions illégales, des actes de pillage et d'extorsion commis par des Dozos.

Les propres enquêtes de la Division des droits de l'homme de l'ONUCI ont conclu qu'au moins 228 personnes avaient été tuées, 164 autres blessées par balles ou à l'arme blanche et 162 personnes arrêtées et détenues illégalement par des Dozos entre mars 2009 et mai 2013, dans le cadre d'activités de sécurité.

En outre, 274 cas de pillage, d'incendie et d'extorsion ont été vérifiés et confirmés, notamment dans les régions de Gbôklé, Haut-Sassandra, Gôh, Cavally, Guemon, Tonkpi, Marahoué, Nawa, Indenie-Djuablin, Poro et Moronou.

« Les Dozos impliqués […] doivent être tenus responsables de leurs actes », a déclaré aujourd'hui la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Navi Pillay.

« Les autorités ont le devoir de mener des enquêtes crédibles sur ces violations, de traduire les auteurs en justice et d'accorder les réparations nécessaires aux victimes. Les autorités ivoiriennes ont la responsabilité de déployer les forces de sécurité nécessaires à travers le pays pour empêcher la population de recourir aux Dozos en cas de problèmes. L'impunité dont jouissent ces derniers est inacceptable et doit cesser », a-t-elle ajouté.

L'Expert indépendant sur la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire, Doudou Diène, a de son côté appelé à plusieurs reprises le gouvernement ivoirien à prendre des mesures pour résoudre le problème des Dozos qui continuent de mettre en danger la population.

« Je salue les efforts en cours du gouvernement en vue d'assurer la présence de forces de professionnelles à travers tout le pays. Ces efforts sont déterminants dans le rétablissement de l'état de droit et peuvent empêcher que les Dozos n'assument des responsabilités liées à la sécurité » a déclaré la Représentante Spéciale du Secrétaire General des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire, Aïchatou Mindaoudou.

« L'ONU continue d'offrir son soutien aux autorités ivoiriennes dans l'avancement des réformes du secteur de la sécurité. Toutefois, il est nécessaire que le gouvernement enquête sur les violations commises par les Dozos, dans l'intérêt du droit des victimes à la vérité, à la justice et à la réparation », a-t-elle ajouté.


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