Malala Yousafzai parmi les lauréates du Prix 2013 des Nations Unies pour la cause des droits de l'homme

La militante pakistanaise des droits des filles, Malala Yousafza. Photo: ONU/Amanda Voisard

5 décembre 2013 – La célèbre écolière pakistanaise Malala Yousafzai a été annoncée jeudi à Genève comme l'une des lauréates du Prix 2013 des Nations Unies pour la cause des droits de l'homme, aux côté notamment d'un militant anti-esclavagiste mauritanien.

Décerné tous les cinq ans, ce prix est une distinction honorifique accordée à des individus et à des organisations en reconnaissance de réalisations exceptionnelles en matière de droits de l'homme. Parmi les lauréats précédents, figurent l'ONG Amnesty International, ainsi que les anciens Présidents Jimmy Carter et Nelson Mandela.

« Ce prix est non seulement l'occasion de reconnaître publiquement les réalisations des lauréats eux-mêmes, mais aussi d'adresser un message clair à tous les défenseurs des droits humains du monde entier que la communauté internationale soutient leurs efforts inlassables pour promouvoir ces droits pour tous », indique un communiqué de presse rendu public par le Bureau de la Haut-Commissaire aux droits de l'homme (HCDH).

Les six lauréats annoncés sont Biram Dah Abeid, de la Mauritanie, un fils d'esclaves affranchis qui œuvre à l'éradication de cette pratique odieuse ; Hiljmnijeta Apuk, du Kosovo , une militante des droits des personnes de petite taille ; Liisa Kauppinen, de la Finlande, Présidente émérite de la Fédération mondiale des sourds ; Khadija Ryadi , ancien Président de l'Association des droits de l'homme du Maroc ; la Cour suprême du Mexique; et Malala Yousafzai, l'écolière pakistanaise sur laquelle des talibans avaient tiré à bout portant alors qu'elle encourageait ses semblables à se rendre à l'école.

La remise des prix se déroulera au Siège de l'ONU, à New York, le 10 décembre 2013, dans le cadre de la commémoration annuelle de la Journée des droits de l'homme, qui coïncidera cette année avec le 20ème anniversaire de la création du Haut-Commissariat et l'adoption de la Déclaration et du Programme d'action de Vienne.

Parmi les événements prévus aujourd'hui à Genève, une discussion sur les problématiques relatives à l'équilibre entre sécurité nationale et vie privée en ligne, ainsi qu'une performance du musicien malien Salif Keita, atteint d'albinisme, et qui s'efforce de sensibiliser l'opinion publique à cette condition.

Dans son allocution d'ouverture, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a souligné l'importance des deux documents adoptés lors de la Conférence mondiale sur les droits de l'homme, organisée dans la capitale autrichienne en 1993.

« La Déclaration et le Programme d'action de Vienne consacrent le principe selon lequel les droits de l'homme sont universels. Elles engagent les États à promouvoir et à protéger les droits humains de tous, indépendamment des systèmes politiques, économiques et culturels », a-t-elle déclaré.

« Aujourd'hui, les droits humains imprègnent le travail de l'Organisation des Nations Unies à tous les niveaux et cela change fondamentalement la façon dont les Nations Unies travaillent avec les autorités nationales et la communauté internationale. »

« La clé, c'est maintenant d'appliquer concrètement les lois et normes qui permettent de faire de la jouissance des droits de l'homme une réalité de terrain. Malheureusement, trop souvent, la volonté politique et les ressources humaines et financières pour atteindre cet objectif sont insuffisantes. »

Les deux décennies qui se sont écoulées depuis Vienne ont été ponctuées par de nombreux revers et parfois des échecs tragiques pour empêcher des atrocités et protéger les droits humains, a regretté la Haut-Commissaire. « Dans plusieurs cas, déplorables, des violations massives […] des droits de l'homme ont été perpétrées, la communauté internationale ayant été trop lente, trop divisée, trop myope – ou tout simplement insuffisante à répondre aux signaux d'alerte déclenchées par les vigies des droits de l'homme partout dans le monde.

« Nous pouvons et devons faire mieux », a-t-elle tranché. « La Déclaration de Vienne devrait être considérée comme le plan d'un magnifique édifice qui n'est toujours qu'à moitié construit. Elle doit être considérée comme un document vivant qui peut et doit continuer à guider nos actions et nos objectifs. »


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