Soudan du Sud : selon l'OCHA, la plus jeune nation du monde peine à répondre aux besoins de sa population

La Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires, Kyung-Wha Kang, lors d’une visite au Soudan du Sud en novembre 2013. Photo: OCHA

4 décembre 2013 – Une haute fonctionnaire des Nations Unies a déclaré mardi qu'en dépit d'une amélioration de la situation sécuritaire au Soudan du Sud, l'ONU comptait réviser en 2014 sa stratégie sur le plan humanitaire pour s'assurer que la plus jeune nation du monde sera mieux à même de se prémunir contre l'impacts des crises, y compris des catastrophes naturelles.

Tout juste de retour d'une mission dans ce pays, la Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires, Kyung-Wha Kang, a indiqué en conférence de presse qu'elle s'y était rendue pour réfléchir aux moyens de renforcer le partenariat et la coopération entre les acteurs et les gouvernements de la région pour aider relever les défis innombrables auxquels se heurte le pays.

« Bien que la situation humanitaire dans le pays se soit légèrement améliorée au cours de l'année écoulée, les organismes des Nations Unies et ses partenaires continueront à travailler avec le gouvernement pour répondre aux besoins des collectivités touchées par les crises. Il est très clair qu'il reste encore beaucoup à faire. »

Mme Kang, qui est également la Coordonnatrice adjointe des secours d'urgence de l'ONU, a visité plusieurs comtés touchés par la crise dans les États de Jonglei, notamment à Pibor, Bor et Twic East.

Au cours de son déplacement, elle a rencontré des familles touchées par les violences sporadiques qui ont secoué les communautés, ainsi que ceux qui sont touchés par les récentes inondations saisonnières. « En tant que plus jeune nation du monde, le Soudan du Sud a du mal à assurer sa sécurité et à répondre aux besoins fondamentaux de sa population », a-t-elle dit, notant que 4,5 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence et 1,5 millions sont gravement exposées à l'insécurité alimentaire.

Mme Kang a déclaré que 345.000 personnes étaient sinistrées par les inondations, d'innombrables maisons et fermes ont été détruits. Partout à Jonglei, j'ai entendu des histoires déchirantes liées aux déplacement de populations », a-t-elle dit.

Au cours de ses entrevues avec des élus de Jonglei et des responsables gouvernementaux à Juba, elle a mis l'accent sur la nécessité de trouver des solutions durables aux crises prolongées, notamment pour améliorer la gestion des catastrophes, augmenter les investissements dans l'infrastructure de base et la promotion durable au sens large développement.

A la lumière de ces nouveaux éléments, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) envisagera une approche différente de sa réponse au Soudan du Sud. Le Bureau a récemment lancé un plan pluriannuel, qui commencera en 2014, pour mettra l'accent sur l'urgence des besoins immédiats ainsi que sur les mesures de plus long terme, y compris la résilience des communautés et le renforcement des capacités nationales.

« Nous voulons travailler avec les communautés locales, les autorités et le gouvernement pour aider le Soudan du Sud à mieux faire face aux crises. Nous voulons que les communautés touchées par des catastrophes se relèvent », a ajouté la Sous-Secrétaire générale.

Répondant aux journalistes, Mme Kang a déclaré avoir été frappée par le nombre d'orphelins qu'elle a vu dans le pays. « D'innombrables enfants sont dans la rue – et pas à l'école – et les capacités pour prendre soin d'eux son inexsitantes », a-t-elle expliqué, ennotant que beaucoup avaient été rendus orphelins en raison de meurtres commis par vengeance ou à la suite de vols de bétail. Certaines organisations non gouvernementales ont travaillé sans relâche pour résoudre le problème, « mais il beaucoup reste à faire ».

Interrogée sur le cycle de violence intercommunautaire qui secouent Jonglei, elle a répondu que la saison sèche est toujours propice à la recrudescence des affrontements. Selon la Coordonnatrice, un leadership politique actif doit favoriser la réconciliation intertribale et des initiatives prometteuses de paix ont été lancées en ce sens – par exemple, une offre faite par le gouvernement au groupe armé de David Yau Yau – mais le risque accru d'un nouveau conflit subsiste.

L'OCHA a parlé avec toutes les parties, y compris les groupes armés, dans le but de garantir l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin. Elle a toutefois déploré le manque d'accès aux Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu », ce qui est regrettable, « en raison de l'ampleur des besoins dans ces deux régions, où la campagne de vaccination est au point mort ».


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