Le PAM contraint de réduire son aide alimentaire en RDC, faute de contributions financières

Des personnes déplacées attendent une distribution alimentaire du PAM dans la région de Goma dans le Nord-Kivu en RDC. Photo: OCHA/Imane Gana Cherif

3 décembre 2013 – En raison de sérieuses contraintes de financement, le Programme alimentaire mondial (PAM) devra limiter, voire suspendre, certaines de ses activités en République Démocratique du Congo (RDC) à compter du mois de décembre, privant ainsi des milliers de personnes d'une assistance alimentaire dont elles ont cruellement besoin.

Pour assurer la continuité de ses opérations au cours des six prochains mois, le PAM, qui est entièrement financé sur la base de contributions volontaires, a besoin de toute urgence de 75 millions de dollars d'ici à mai 2014.

Depuis plusieurs mois déjà, le manque de financement a contraint le Programme à réduire de moitié les rations distribuées aux déplacés de la province du Nord-Kivu, marquée par une aggravation de l'insécurité alimentaire, qui touche six familles sur dix, soit deux fois plus qu'il y a deux ans.

Dans les Kivus et la province Orientale, près d'un demi-million de personnes déplacées au total seraient les victimes collatérales de cette crise de financement. La distribution quotidienne de repas chauds à des milliers d'écoliers est également sur la sellette, ainsi que l'appui nutritionnel vital dont dépendent près de 180.000 enfants, femmes enceintes et mères allaitantes à travers tout le pays.

« Nous sommes très préoccupés du sort de milliers de personnes qui dépendent de l'assistance alimentaire du PAM », déclare le représentant du PAM en RDC, Martin Ohlsen. « À l'heure où le gouvernement congolais et la communauté international intensifient leurs efforts pour stabiliser l'est du pays, une suspension, ou même une réduction, de l'aide humanitaire pourrait compromettre sérieusement notre investissement de longue date dans l'amélioration de la sécurité alimentaire, le rétablissement des moyens de subsistance et la résilience des communautés. »

« Difficile de ne pas croire que les besoins considérables aux Philippines et en Syrie sont en train d'étouffer les cris d'alarme qui se font entendre dans des pays moins visibles et médiatisés », regrette M. Ohlsen.

Par ailleurs, alors que les violences sexuelles continuent d'être monnaie courante dans l'est de la RDC, le PAM a pris des mesures avec ses partenaires pour tenter de réduire les risques d'agression, en ouvrant par exemple des centre de distribution de l'aide sur des sites choisis en consultation avec les femmes et les filles, ou encore en mettant en place, là où c'est possible, des systèmes de coupons électroniques et des mécanismes de transfert de fonds via téléphone pour minimiser les frictions entre bénéficiaires et communautés d'accueil.

En RDC, un enfant sur dix souffre de malnutrition aigüe et 6,3 millions de personnes ont besoin d'assistance alimentaire, dont 2,7 millions de déplacées.


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