Une nouvelle feuille de route de l'UNIDO promeut un développement industriel viable et inclusif

Le Secrétaire général Ban Ki-moon. Photo: ONU

2 décembre 2013 – L'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) a adopté lundi une nouvelle feuille de route pour ses priorités futures, promouvant un développement industriel durable et inclusif.

Il y a près de 40 ans, les États membres adoptaient au Pérou la Déclaration de Lima sur le développement et la coopération industrielle, qui vise à accroître la part de la production industrielle mondiale des pays en développement. Ce document a également permis à l'ONUDI de devenir une agence spécialisée des Nations Unies.

La nouvelle Déclaration de Lima, adoptée à l'ouverture ce matin de la Conférence générale de l'ONUDI, qui durera toute la semaine, souligne la pertinence du développement industriel durable et inclusif comme base d'une croissance économique soutenue.

« En intégrant de façon équilibrée les trois piliers du développement durable – économique, social et environnemental –, nous sommes convaincus que les mesures efficaces en faveur du développement industriel durable et inclusif devraient englober le renforcement des capacités productives d'une manière qui prend en charge la transformation structurelle de l'économie ; encourage la croissance économique et la création d'emplois décents ; améliore la productivité et le développement, le transfert et l'absorption de technologies et soutient la recherche et le développement », indique le document.

S'exprimant à l'ouverture de la Conférence générale, le Secrétaire général Ban Ki-moon a rappelé que le monde d'aujourd'hui était confronté à l'inégalité, à la volatilité et à l'incertitude. « Nous sommes témoins d'une urbanisation rapide. Ce qui signifie une population mondiale en pleine expansion, une production accrue de biens et de services avec des ressources qui s'amenuisent et la contrainte de générer moins de déchets et de pollution ».

Bien que ces défis soient « redoutables », de nombreuses possibilités permettent d'envisager un progrès commun. « Les connaissances et la technologie du 21ème siècle continuent de progresser. De plus en plus de success stories peuvent être mis sur le compte de politiques adéquates, d'incitations et d'investissements réfléchis », déclare M. Ban.

Le patron de l'ONU a également mis en évidence trois domaines dans lesquels l'ONUDI est particulièrement bien placée pour mettre l'humanité sur une voie à la fois plus sûre et plus prospère : contribuer à l'élaboration de l'avenir du programme de développement mondial : créer une dynamique de viabilité de l'environnement ; et aider à relever le défi des changements climatiques.

La Déclaration de Lima stipule que l'ONUDI devrait servir de facilitateur mondial de connaissances et d'expertises sur les politiques et stratégies visant à réaliser le développment industriel durable et inclusif.

Elle affirme aussi que l'agence basée à Vienne devrait mettre l'accent sur les trois priorités thématiques dans lesquels elle possède un avantage comparatif : le renforcement des capacités productives et celui des capacités commerciales et la production industrielle efficace et non polluante.

Le Directeur général de l'ONUDI, Li Yong, a estimé que le document, une preuve du soutien des États membres à l'agence, reconnaît l'expérience considérable de l'ONUDI dans le domaine du développement industriel durable et inclusif et dans la création de nouveaux partenariats de développement.

« Il y a différentes manières de réaliser le développement durable et chaque pays en porte la responsabilité première et a le droit de choisir ses propres stratégies. L'ONUDI est prête à fournir son expertise en cas de besoins », a-t-il ajouté.

Les dernières statistiques de l'ONUDI révèlent que la production manufacturière mondiale a légèrement augmenté, passant à 2,4% au cours du troisième trimestre 2013 sur fond de poursuite de la reprise dans les pays industrialisés et de ralentissement de celle des pays en développement et des économies émergentes industriels.

La production manufacturière aux États-Unis a augmenté de 2,3% et celle du Japon de 2% au troisième trimestre. Toutefois, la reprise dans les pays de la zone euro reste fragile et n'a pas pu maintenir la tendance à la hausse observée momentanément cette année. La production manufacturière a de nouveau baissé en France et en Italie.

Chef de file des économies industrielles émergentes, la Chine a maintenu un taux exceptionnellement élevé de croissance de sa production industrielle – 9,3%. Le taux de croissance combiné des autres économies en développement et économies émergentes était de 2% au troisième trimestre.

« La lenteur de la croissance du secteur manufacturier est devenu un phénomène commun aux économies industrielles émergentes », indique l'agence dans un communiqué de nouvelles. « Les principaux obstacles sont liés aux prix élevés des intrants, notamment le coût de l'énergie, une faible demande et des flux de capitaux faibles en provenance des pays industrialisés. »


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