RCA: l'ONU plaide pour une opération de maintien de la paix dans un pays «en train de sombrer dans le chaos»

En RCA, des milliers de civils déplacés par les violences perpétrées par les miliciens de l’ex-Séléka ont trouvé refuge dans la mission catholique de Bossangoa. Photo: IRIN/Hannah McNeish

25 novembre 2013 – Pour empêcher que la situation en République centraficaine (RCA) ne dégénère en conflit ethnique et religieux, voire en guerre civile s'étendant aux pays voisins, « il est crucial que la communauté internationale et le Conseil de sécurité agissent maintenant », a averti lundi le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson.

Présentant aujourd'hui les recommandations du Secrétaire général en ce sens, M. Eliasson a expliqué qu'une opération de maintien de la paix en Centrafrique serait dotée d'une force de 6.000 soldats et de 1.700 policiers pour contribuer à l'établissement de fondations d'institutions transparentes et régies par l'Etat de droit, a-t-il relevé.

Décrivant un pays « en train de sombrer dans le chaos le plus complet », Jan Eliasson a estimé qu'une approche multidimensionnelle et intégrée de la crise serait privilégiée dans le cadre d'une telle opération, de même que la capacité de la communauté internationale à exercer une influence politique constructive sur place.

Le Vice-Secrétaire général a dressé un portrait alarmant de la situation en RCA, "où l'autorité de l'Etat a disparu et la population est en proie à des souffrances défiant l'imagination », femmes et enfants au premier chef.

M. Eliasson a ensuite énuméré les violations des droits de l'homme répétées en RCA : recrutement d'enfants-soldats, violences sexuelles, extorsions, arrestations arbitraires, actes de torture ou encore exécutions sommaires.

Faisant aussi état de l'intensification des violences interconfessionnelles, qui préoccupent beaucoup le Secrétaire général, le numéro 2 de l'ONU a précisé que si d'anciens éléments de la Séléka étaient tenus comme premiers responsables de la plupart des violations à l'encontre des civils, les agissements des groupes d'autodéfense étaient également en cause.

Dans ce contexte, a-t-il reconnu, les efforts de médiation et de paix des Nations Unies sont entravés par l'insécurité grandissante. « Dans son rapport, le Secrétaire général appelle à prendre des mesures pour mettre fin à l'impunité. J'appelle à mon tour le Conseil à répondre à cet appel, en réfléchissant notamment à l'établissement de mécanismes de reddition des comptes, comme une commission d'enquête et des sanctions ciblées », a poursuivi le Vice-Secrétaire général.

« Les forces armées et les services de sécurité du pays n'ont plus la capacité de rétablir l'ordre », a insisté M. Eliasson. « La Centrafrique est en train de devenir le terrain fertile de groupes armés et d'extrémistes, dans une région déjà en proie aux conflits et à l'instabilité », a-t-il prévenu.

Pour empêcher que la situation ne dégénère en conflit ethnique et religieux, voire en une guerre civile à aux ramifications régionales, « il est critique que la communauté internationale et le Conseil de sécurité agissent maintenant ». Jan Eliasson a précisé qu'une intervention internationale était essentielle pour garantir les préparatifs, dans les meilleures conditions possibles, des élections, prévues au plus tard en février 2015.

Jan Eliasson a assuré que l'Union africaine et la Communauté économique d'Afrique centrale (CEEAC) étaient toutes deux favorables à la transformation de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) en opération de maintien de la paix.


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