Un expert de l'ONU exhorte la Malaisie à invalider sa décision d'interdire aux non-musulmans l'utilisation du mot «Allah»

Le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de croyance, Heiner Bielefeldt. Photo ONU/Paulo Filgueiras

25 novembre 2013 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction, Heiner Bielefeldt, a exhorté lundi le gouvernement de la Malaisie à invalider sa décision d'interdire à une publication catholique d'employer le mot « Allah » en référence à « Dieu », en prévenant que ce jugement risquait d'avoir des conséquences négatives pour les minorités religieuses du pays.

« La liberté de culte et de conscience sont des droits des individus et non des États. L'État n'a pas à former ou réformer les traditions religieuses ni à légiférer sur l'interprétation de sources religieuses ou dans la définition des rites religieux », explique M. Bielefeldt dans un communiqué de presse.

En janvier 2009, le Ministère de l'intérieur avait ordonné à un journal chrétien de ne plus utiliser le mot « Allah » sous peine de se voir interdire de publication. Le journal avait protesté en affirmant que cette décision était contraire à la constitution et gagné en appel devant la Haute Cour de la Malaisie.

Cependant, en octobre dernier, la Cour d'appel avait unanimement décidé que les non-musulmans ne pouvaient plus utiliser le mot « Allah », qui vient de l'arabe et signifie « Dieu », mais est utilisé aussi bien par les musulmans que les chrétiens du Moyen-Orient.

La Cour d'appel avait néanmoins reconnu que ce nom ne faisait pas partie de la foi ou des pratiques chrétiennes. La question est actuellement devant un tribunal fédéral.


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