FAO: les organisations de producteurs forestiers, acteurs de premier plan dans la réduction de la pauvreté

Photo: ONU/Fendi Aspara

25 novembre 2013 – Il faut renforcer les capacités des organisations de producteurs forestiers pour réduire la pauvreté, améliorer les moyens de subsistance et renforcer le développement économique des petits propriétaires et des petits exploitants forestiers, a affirmé lundi l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Un forestier qui adhère à un groupement de producteurs peut accéder plus facilement aux marchés, avoir plus de poids dans les négociations, obtenir des informations essentielles sur le marché, influencer l'élaboration des politiques et recevoir une aide pour améliorer ses compétences, ont noté les participants à une conférence internationale sur le sujet, qui se tient actuellement à Guilin en Chine, jusqu'au 28 novembre 2013.

Des centaines de millions de personnes tirent leurs moyens de subsistance des forêts. Malgré les avantages qu'elles procurent, ces organisations qui interviennent dans la production de bois, de produits forestiers non ligneux, d'objets d'artisanat et de plantes médicinales ne sont pas encore aussi répandues ou reconnues que leurs homologues dans l'agriculture.

« Les organisations de producteurs forestiers disposent de ressources très insuffisantes et ne sont pas appréciées à leur juste valeur », a déclaré le chef du département des forêts de la FAO, Eduardo Rojas-Briales. « Des groupements bien organisés permettent à leurs membres d'avoir plus de poids dans les négociations et d'accéder au crédit. S'ils ont une taille suffisante, ils peuvent défendre les intérêts de leurs membres et influencer les politiques. En outre, à travers leurs organisations de producteurs, les petits exploitants forestiers peuvent renforcer la gestion durable des forêts. Les décideurs devraient être plus conscients de ces avantages et soutenir la création d'organisations de ce type ».

Les agriculteurs – en particulier les peuples autochtones, les petits exploitants, les femmes et les agriculteurs familiaux – ont aussi intérêt à gérer les forêts pour diversifier leurs sources de revenus et atténuer les risques qu'ils pourraient courir en dépendant uniquement de l'agriculture.

« En raison des risques accrus découlant du changement climatique, les agriculteurs ont tout à gagner d'un appui pour diversifier leurs moyens d'existence », a souligné Jeffrey Campbell, Directeur du Mécanisme Forêts et Paysans, un partenariat entre la FAO, l'Institut international pour l'environnement et le développement (IIED) et l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

« Alors que de graves sécheresses peuvent détruire des cultures, certains types de forêts sont plus résilients et supportent mieux le manque d'eau, en contribuant à la sécurité alimentaire et en produisant toute une gamme d'autres produits importants », a-t-il ajouté.

Si les populations locales ont des droits définis de façon claire, équitable et transparente, de gérer les forêts et d'en retirer un profit économique, elles sont plus enclines à faire les investissements à long terme qui sont nécessaires pour entretenir leurs forêts. De plus, si elles sont assurées que leurs droits sont protégés, elles peuvent poursuivre et renforcer les efforts qu'elles font traditionnellement pour préserver les forêts.

Les femmes devraient avoir les mêmes droits en tant que productrices, bénéficiaires et responsables des décisions, a enfin souligné la FAO. Lorsque ce n'est pas le cas, les organisations de producteurs forestiers peuvent jouer un rôle majeur, en défendant leur cause pour que les choses changent.


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