L'UNICEF s'alarme de l'ampleur prise par les violences interconfessionnelles en RCA

Un centre de l’UNICEF à Bossangoa en République centrafricaine. Photo: OCHA/Laura Fultang

22 novembre 2013 – Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a réitéré vendredi sa vive préoccupation devant la situation en République centrafricaine (RCA), où les crises humanitaire que sécuritaire ne cessent de s'aggraver, sur fond de violences interconfessionnelles.

« L'UNICEF est présent en RCA, où nous avons notamment lancé, dans des conditions très difficiles, des campagnes de vaccination et de scolarisation à destination des enfants. Le Fonds négocie également avec les groupes armés pour obtenir la démobilisation d'enfants-soldats, dont le nombre est désormais estimé à entre 5.000 et 6.000 », a expliqué le représentant de l'UNICEF en République centrafricaine, Souleymane Diabate, lors d'une conférence de presse à Genève.

Selon lui, leur nombre était estimé à près de 3.500 avant le début de la crise. Tout en affirmant que la RCA est vraisemblablement l'un des pays dans lesquels il est le plus difficile de mener des opérations humanitaires, l'agence onusienne a confirmé son engagement à les poursuivre, en particulier pour venir en aide aux femmes et aux enfants.

Interrogé sur l'ampleur prises par les violences interconfessionnelles en RCA, voire d'une possible situation « pré-génocidaire », M. Diabate a tout d'abord tenu à rappeler que chrétiens et musulmans avaient coexisté dans la paix pendant très longtemps. « Cependant, les miliciens issus de l'ex-Séléka, principalement des musulmans, se sont rendus coupables de nombreux meurtres depuis mars 2013. Des groupes d'autodéfense, à dominante catholique, ont été formés, tuant en représailles d'anciens membres de la Séléka », a précisé M. Diabate.

« Si la communauté internationale n'intervient pas, les violences pourraient se multiplier », a-t-il ajouté.

La situation en RCA remonte à un an en arrière. En décembre 2012, la coalition rebelle de la Séléka lance une série d'attaques, prend le contrôle de plusieurs villes clés du pays avant d'accepter d'entamer des pourparlers de paix sous les auspices de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC). Conclu en janvier 2013 par le gouvernement et les trois principales formations rebelles de la Séléka, l'Accord de Libreville aide à rétablir une certaine stabilité nationale.

Mais les combats reprennent à la mi-mars et les forces de la Séléka s'emparent de Bangui et chasse du pouvoir François Bozizé. Michel Djotodia se déclare alors Président de la République, annonce des élections au plus tard d'ici trois ans tout en maintenant à son poste le Premier Ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'Accord de Libreville. Au titre de cet Accord et de la Déclaration de N'Djamena en date du 18 avril 2013, des institutions de transition sont mises en place.

La RCA reste toutefois minée par une crise humanitaire qui touche l'ensemble de la population – 4,6 millions de personnes –, et les signalements de violations graves des droits de l'homme s'y multiplient, y compris de violences interconfessionnelles. Le 8 novembre dernier, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, lance une mise en garde contre le cycle d'attaques et de représailles qui risque de faire basculer la RCA dans un nouveau conflit meurtrier.


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