Doubler les effectifs de policières sera nécessaire pour atteindre le quota de 20% de femmes que s'est fixée l'ONU pour 2014

Des policières de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH). Photo: ONU/Logan Abassi

21 novembre 2013 – « Nous avons un long chemin à parcourir si nous voulons atteindre le quota de 20 % de femmes que l'ONU s'est fixée pour 2014 pour ses effectifs de police au sein des opérations de maintien de la paix actuellement déployées», a prévenu jeudi le Conseiller pour les questions de police de l'ONU, Stefan Feller, lors d'une conférence de presse.

« Dix pour cent à peine de ces effectifs sont aujourd'hui des femmes », a relevé M. Feller, ajoutant que la cible de 20 %, retenue en 2009 par l'Initiative mondiale de l'ONU visant à augmenter leur nombre de policières sur le terrain, ne pourrait être atteinte sans la volonté des États contributeurs de troupes de mettre à disposition de l'ONU les candidates qualifiées.

Intervenant pour la première fois depuis sa nomination en mai dernier, M. Feller a précisé que le nombre d'agents de police autorisés à se déployer dans les dix-neuf opérations de maintien de la paix et missions politiques spéciales de l'ONU était, en 2013, d'environ 16.000.

« Les femmes représentent cependant 22% des effectifs de police de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) et 19 % de ceux de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) », a-t-il relevé, indiquant que les effectifs fournis par le Rwanda, composés à part égale d'hommes et de femmes, étaient un exemple à suivre. « La police rwandaise a l'obligation constitutionnelle de veiller à ce que 30 % de ses rangs soient occupés par des femmes », a-t-il par ailleurs relevé.

Le Conseiller a ensuite indiqué qu'un nombre accru de femmes « bérets bleus », surnom des policiers des Nations Unies, permettrait de balayer certaines idées reçues quant au rôle que les femmes peuvent jouer dans les pays de déploiement des opérations de l'ONU.

« Les policières garantissent protection et sécurité dans des pays où les femmes sont d'abord perçues avant tout comme victimes », a expliqué M. Feller, avant de citer en exemple « l'excellent travail » de la composante policière bangladeshie de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

« Les femmes bérets bleus peuvent être davantage à l'écoute des difficultés spécifiques rencontrées par les femmes au sortir d'un conflit », a renchéri Hester Paneras, la nouvelle Commissaire de police de l'Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), première femme à occuper un tel poste au sein d'une opération de maintien de la paix de l'ONU et qui était également présente lors de cette conférence de presse.

« Au Darfour, où nous œuvrons, aux côtés de la police soudanaise, au renforcement des capacités et à la sensibilisation des communautés, il est beaucoup plus simple de rencontrer le succès avec des policières. Une femme a une autre vision, en particulier s'agissant des projets visant à améliorer le cadre de vie », a indiqué Mme Paneras, qui a précisé que les femmes représentent 16 % des effectifs de police de la MINUAD.

M. Feller et Mme Paneras ont ensuite tous deux insisté sur le rôle accru que seront amenés à jouer les effectifs de police dans les efforts de paix, en ce qui concerne notamment la lutte contre la criminalité transnationale organisée et la protection des civils.

« La protection des civils, pour laquelle les effectifs de police jouent un rôle clef, figure désormais dans les mandats de neuf opérations de maintien de la paix de l'ONU », a affirmé M. Feller.

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