Les entreprises créatives, moteur de l'économie et du développement futurs, affirme l'UNESCO

Depuis l’indépendance en 1990, les autotités namibiennes ont reconnu la contribution de la création culturelle dans le développement. Photo:UNESCO/IFCD

14 novembre 2013 – Le commerce mondial de biens et services créatifs a atteint un niveau record en 2011 – 624 milliards de dollars – et a plus que doublé entre 2002 à 2011. De plus, la créativité et la culture apportent une valeur non marchande significative qui contribue au développement social inclusif ainsi qu'au dialogue et à la compréhension entre les peuples.

Tel est la principale conclusion du Rapport sur l'économie créative 2013 des Nations Unies, intitulé cette année « Élargir les voies du développement local » et conjointement publié par l'UNESCO et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Lancé aujourd'hui à Paris, lors de la Conférence générale de l'UNESCO, il entend offrir une contribution à l'agenda de développement durable post-2015 et faire reconnaître l'importance de la culture comme catalyseur et moteur.

L'économie créative – qui regroupe produits audiovisuels, design, nouveaux médias, arts du spectacle, édition et arts visuels – est un des secteurs en pleine expansion de l'économie mondiale, que ce soit en matière de génération de revenus, de création d'emplois et d'exportations. Entre 2002 et 2011, les exportations de biens créatifs ont augmenté chaque année en moyenne de 12,1% dans les pays en développement.

« En créant des emplois, l'économie créative contribue au bien-être général des communautés, à l'estime de soi et à la qualité de la vie des individus, contribuant ainsi à un développement durable et inclusif. Au moment où le monde esquisse un nouvel agenda mondial du développement, nous devons reconnaître l'importance et le potentiel des secteurs culturels et créatifs en tant que moteurs de ce développement », a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, lors de la présentation de ce document.

« La culture est à la fois catalyseur et moteur du développement durable. Elle permet aux individus qui en ont la capacité de prendre en main leur propre développement et encourage l'innovation et la créativité, facteurs de croissance inclusive et durable », a déclaré de son côté l'Administratrice du PNUD, Helen Clark.

Le Rapport s'appuie sur des exemples illustrant la diversité et le caractère innovant de l'économie créative, ainsi que sa capacité à améliorer la vie au niveau local et les moyens de subsistance dans les pays en développement.

Ainsi, en Argentine, les industries culturelles et créatives emploient près de 300.000 personnes et représentent 3,5% du PNB. Au Maroc, l'édition et l'imprimerie emploient 1,8% de la main-d'œuvre pour un chiffre d'affaires de plus de 370 millions de dollars. En 2009, l'industrie musicale dans le monde représentait plus de 54 millions de dollars et a encore progressé depuis cette date. À Bangkok, en Thaïlande, la seule industrie de mode représente 20.000 entreprises et dans toute la région, des jeunes gagnent leur vie en tant que designers au niveau local.

Au Sénégal, l'association Africulturban a fondé une Hip Hop Akademy qui dispense aux jeunes des environs une formation au graphisme et au design numérique, à la production de musique et de vidéo, à la gestion promotionnelle et au marketing, ainsi qu'à la fonction de DJ et à l'apprentissage de l'anglais. Le Rapport propose aussi des études de cas sur l'industrie cinématographique nigériane (Nollywood), sur le développement d'une industrie textile en Chine et sur le soutien apporté aux producteurs par la ville de Buenos Aires, en Argentine.

Le rapport formule dix recommandations pour ouvrir de nouvelles voies au développement. Il préconise de reconnaître l'économie créative « comme produit de la valeur non marchande » qui constitue une contribution majeure à un développement durable, inclusif et à dimension humaine.

Il préconise aussi une collecte rigoureuse des données en amont de toute politique cohérente de développement d'une économie créative et d'étudier les liens entre les secteurs formel et informel comme étape cruciale de la formulation de politiques pertinentes. Le rapport suggère aussi d'investir dans le développement d'entreprises créatives durables et l'autonomisation des créateurs et des entrepreneurs culturels, les représentants des pouvoirs publics et les entreprises du secteur privé.

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