L'ONU préoccupée par la stagnation politique de la Bosnie-Herzégovine

Le Haut Représentant des Nations Unies pour la Bosnie-Herzégovine, Valentin Inzko (à droite), au Conseil de sécurité. Photo ONU/Eskinder Debebe

12 novembre 2013 – Le Haut-Représentant chargé d'assurer le suivi de l'application des accords de paix relatifs à la Bosnie-Herzégovine a fait état mardi, devant le Conseil de sécurité, d'une situation politique dans ce pays marquée par l'absence de progrès, notamment en faveur de l'intégration euro-atlantique.

« Le pays ne progresse pas sur la voie de l'intégration euro-atlantique », a déploré Valentin Inzko, en ajoutant qu'à un an des élections générales, la situation politique en Bosnie-Herzégovine s'était même aggravée, les dirigeants politiques ayant « de nouveau » manqué l'opportunité de revenir sur les dispositions discriminatoires qui sapent de longue date le système électoral bosnien.

« Ces changements, qui sont demandés instamment par la Cour européenne des droits de l'homme, sont l'une des conditions de l'intégration du pays à l'Union et constituent un test de la capacité de ses dirigeants à faire appliquer les droits de l'homme dans le contexte électoral », a expliqué M. Inzko.

De manière générale, il a déploré le manque de volonté politique des dirigeants bosniens, « qui ne semblent pas pressés de mener à bien les réformes économiques et sociales qui pourraient permettre au pays d'aller de l'avant ».

« Jusqu'à la semaine dernière, le Parlement n'avait pas adopté le moindre projet de loi en 2013 », a expliqué M. Inzko en rappelant cependant que les dirigeants ont encore le temps de s'unir dans le cadre d'une coalition politique en vue d'assurer le succès des élections prévues en octobre 2014.

Sur la situation économique, le Haut-Représentant a salué l'augmentation du volume des exportations et de la production industrielle. Évoquant ensuite le renforcement de l'état de droit, il a mis en garde contre la rhétorique « inflammatoire et séparatiste » contre les institutions judiciaires, en particulier de la part des dirigeants de la Republika Srpska, « qui ont pour effet de ralentir la mise en œuvre de toutes les dispositions des accords de paix ».

« La principale source de tension politique reste le manque d'accord quant à la répartition des responsabilités entre les différents niveaux de gouvernement », a souligné M. Inzko en affirmant que les déclarations et demandes de responsables de la Republika Srpska représentent une menace à l'intégrité territoriale et à la souveraineté du pays.

La présence continue de l'Union européenne et de l'OTAN restent, selon lui, vitales dans ce contexte fragile. « Je suis d'avis que la présence dissuasive d'une force de taille moyenne dotée d'un mandat exécutif vaut la peine », a considéré M. Inzko.

Le Haut-Représentant a conclu en soulignant que l'Union européenne démontrait son engagement continu à appuyer la Bosnie-Herzégovine à concrétiser ses aspirations. Il a estimé que les dirigeants bosniens devraient s'inspirer de leurs voisins, transformés par la réussite de leur intégration.


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