L'insécurité, obstacle majeur au développement de l'Amérique latine, affirme le PNUD

L’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Helen Clark. Photo: PNUD

12 novembre 2013 – Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a affirmé mardi que l'Amérique latine reste la région la plus inégalitaire et la moins sûre du monde, plaidant pour une croissance économique inclusive et le renforcement de l'état de droit, ainsi que pour des moyens supplémentaires dans la lutte contre l'insécurité.

Selon le rapport 2013-2014 de développement humain régional (RDH), la sous-région a connu à la fois une croissance économique et un taux de criminalité plus importants au cours de la dernière décennie, avec plus de 100.000 meurtres par an pendant cette période.

Alors que le nombre d'homicides s'est stabilisé et a même décliné dans certains pays, le sentiment d'insécurité est devenu plus persistant, notamment à cause de la hausse considérable du nombre de vols à main armé qui ont été multipliés par trois au cours des 25 dernières années.

« La sécurité des citoyens est une question sensible qui préoccupe beaucoup les décideurs politiques et enflamment les campagnes électorales », explique l'Administrateur du PNUD Helen Clark dans un communiqué de presse.

« C'est une question cruciale pour plusieurs régions, notamment d'Amérique latine et des Caraïbes, parce que sans la paix, il ne peut pas y avoir de développement, et sans développement, il ne peut pas y avoir de paix durable », ajoute-t-elle.

Le rapport se concentre sur les six principales menaces qui pèsent sur la région : la criminalité en milieu urbain, la violence et les crimes commis par et contre les jeunes, les violences sexuelles, la corruption et la violence policière et la criminalité organisée.

« Si certaines menaces – comme celles posées par les réseaux criminels et en particulier les trafics de stupéfiants – sont souvent évoqués pour expliquer l'insécurité, les situations régionales, nationales et locales sont beaucoup plus diversifiées », explique Rafael Fernandez de Castro, principal auteur du rapport.

L'une des principales conclusions du rapport est que les politiques draconiennes ne fonctionnent pas : la répression policière et judiciaire dans la région a souvent coïncidé avec des flambées de criminalité.

Le rapport confirme au contraire que la protection des droits à la vie, à la dignité et à l'intégrité physique est essentielle à la sécurité des citoyens, ce qui relève principalement de la responsabilité de l'État.

Il indique aussi que les hommes jeunes sont les plus touchés par la criminalité et la violence, et que les auteurs de crimes appartiennent souvent à ce même groupe. Les violences sexuelles et sexistes restent une menace persistante et un obstacle au développement humain, la santé publique et des droits humains dans la région.

En plus de l'impact humain, l'insécurité affecte également le potentiel économique de la région. Sans l'excès de mortalité du aux homicides, le Produit intérieur brut (PIB) de la région aurait été de 0,5% plus élevé, ce qui équivaut à un gain potentiel de plus de 24 milliards de dollars en 2009.

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