L'ONU et ses partenaires inquiets du retard pris par la signature de l'accord de paix entre la RDC et le M23

Des Casques bleus de la MONUSCO escortent des combattants du M23 qui se sont rendus dans le Nord-Kivu. Photo: MONUSCO

11 novembre 2013 – Les Envoyés des Nations Unies et leurs homologues ont exprimé lundi leurs regrets à l'annonce que les pourparlers de paix entre le groupe rebelle M23 et le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) n'avaient pu être conclus ce soir, tout en soulignant que toute solution à ce conflit devait tenir pour responsables de leurs actes les auteurs de crimes graves.

La déclaration conjointe a été rendue publique dans la soirée par l'Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, son Représentant spécial pour la RDC, Martin Kobler, l'Envoyé spécial des États-Unis, Russ Feingold, le Représentant spécial de l'Union africaine, Boubacar Diarra, et le Coordonnateur principal de l'Union européenne pour la région des Grands Lacs, Koen Vervaeke. Elle arrive près d'une semaine après que le M23 a déclaré vouloir mettre fin à sa rébellion sanglante contre le gouvernement congolais.

Les pourparlers, qui se sont déroulé aujourd'hui dans la capitale ougandaise Kampala, avaient pour objectif de parvenir à un accord final de principe qui garantisse le désarmement et la démobilisation des soldats du M23 et la reddition de comptes pour les auteurs de violations graves des droits de l'homme.

« Les Envoyés notent que les parties n'ont exprimé aucune divergence de vue sur les questions fondamentales figurant dans le projet de document. Toutefois, un accord sur le format [dudit document] n'a pas encore été obtenu. En dépit du changement de situation sur le plan militaire, il est important de parvenir à une conclusion politique du dialogue », indique le communiqué.

« Les Envoyés exhortent les parties à résoudre leur différend relatif au format du document et à rester engagée en faveur d'un règlement pacifique du conflit. »

« Les Envoyés soulignent en outre que toute solution doit permettre d'établir les responsabilités des auteurs de crimes de guerre, crimes de génocide, crimes contre l'humanité , y compris ceux impliquant des violences sexuelles et le recrutement d'enfants-soldats, ainsi que toute autre violation flagrante des droits de l'homme. »

Parallèlement, la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura, a appelé à renforcer l'engagement contre ce type de violences en RDC.

« La poursuite des auteurs de violences sexuelles est essentielle pour la dissuasion et, finalement, la prévention de ces crimes. Je salue ainsi l'appel du Président Kabila à la création de chambres spécialisées pour juger les crimes internationaux, ce qui permettrait d'améliorer les efforts en cours pour lutter contre l'impunité », s'est félicitée Mme Bangura.

Selon elle, il est crucial que les législateurs congolais se penchent rapidement sur cette question afin d'ouvrir la voie à la création de telles juridictions.

« Je m'attends à une hausse du nombre condamnations […], suite à l'appel personnel du Président au Procureur militaire pour intensifier les poursuites contre des officiers et soldats soupçonnés d'avoir commis des crimes contre l'humanité et crimes de guerre, y compris des violences sexuelles », poursuit la Représentante spéciale.

« Je salue également l'exclusion des auteurs de violence sexuelle dans l'Ordonnance présidentielle portant mesure collective de grâce en date du 23 octobre 2013 au bénéfice des condamnés », ajoute-t-elle.


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